Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

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La lucha sigue n°2

mardi 8 mai 2012

Le capitalisme est une guerre où les classes dominantes visent à pressurer
toujours davantage celles et ceux qu’elles exploitent. Mais quand la situation se tend, alors que les réflexes de solidarité pourraient constituer une
menace contre la course effrénée aux profits, la pression économique attise
les tensions entre ceux qui subissent le plus durement la précarisation de
leurs vies. De sorte que le quotidien de millions de personnes se résume à
la guerre de tous contre tous.

L’intérêt de ceux qui ne font pas partie du cercle restreint des puissants se-
rait bien sûr de ne pas entrer dans ce cycle infernal, malheureusement, il en
va autrement. Quand il devient impossible de subvenir à ses besoins et à
ceux de sa famille, quand les options sont rares, quand le capitalisme fait
régner la terreur de la galère et impose l’emprise de l’individualisme généralisé, il s’avère difficile de résister seul à la logique de mise en concurrence des intérêts personnels, et chacun essaie de s’accrocher aux
opportunités laissant espérer des chances de ne pas couler totalement.

Pourtant au Mexique, où la violence est exacerbée, où tous les jours l’oligarchie capitaliste et son expression locale, la narco-bourgeoisie, met en
place un climat de terreur pour tenter de juguler les luttes et révoltes sociales, des communautés, des collectifs, mais aussi des personnes jusque-là non organisées tentent de résister sans sombrer dans l’idéologie
individualiste et sécuritaire.

Même si certains des mots utilisés relèvent cependant du champ lexical du
pouvoir, au point de laisser craindre un risque de reproduction du mode de
pensée du système dominant (« police », fût-il accolé au terme « communautaire » ; « illégal » ; « délinquance » faisant implicitement référence à
la notion de délit donc à la prétendue nécessité de respecter la loi de l’État
mexicain ; « propriété » ; dénonciation de démarches dites « anar-
chiques »...) voire un risque de dérives au niveau des pratiques, il nous a
paru important d’exposer ces points de vue. Car tout retour d’expérience
d’auto-organisation hors des partis politiques et des institutions, à la recherche de réponses collectives concrètes, aidera à approfondir la réflexion.

En tout cas plus que les anathèmes moralisateurs.
Pour affronter les contradictions que nous impose le capitalisme, comme
cette guerre de tous contre tous, il nous faut collectivement entretenir un es-
prit critique, donc ne pas éluder les questions qui gênent. Mais cela ne peut
se faire sans se confronter à la réalité sociale dans son intégralité, sans essayer de comprendre les problèmes et les différentes tentatives de solutions
apportées par tous ceux qui se révoltent contre l’ordre social.
Se réfugier derrière un confort idéologique, que ce soit en jouant les donneurs de leçons ou les béni-oui-oui idolâtres, ne servirait à rien. Rien qu’à
entretenir là encore le mode de pensée qui permet à cette société fondée sur
le pouvoir et l’aliénation de perdurer.

La rage d’en finir avec le carcan de la représentation politicienne n’a pas de
frontières, de toutes parts des gens entrent en rébellion en expérimentant
des façons de résister hors du cadre institutionnel. Pas seulement au Chia-
pas, mais aussi dans tout le Mexique comme ailleurs dans le monde.
Qu’elles soient physiques ou idéologiques, nombre de barrières restent encore à détruire. La Lucha Sigue essaie, à son niveau, d’être un des outils servant à confronter des expériences de lutte sociale. De celles auxquelles nous
participons de ce côté de l’Atlantique à d’autres plus lointaines avec lesquelles se tissent des liens. Parce que partout le capitalisme exploite, partout
il chasse les indésirables de territoires dont il attend un maximum de profit.

Parce que partout il n’existe que deux options : se soumettre ou lutter !

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