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Déclaration du CBG "Hacia la Esperanza"

Le Conseil de bon gouvernement de La Realidad dénonce spoliation, attaques et provocations du mauvais gouvernement et des partis PVEM et PRD

Conseil de bon gouvernement de La Realidad

mardi 21 août 2012

Conseil de bon gouvernement Vers l’espérance, caracol I Mère des caracoles, mer de nos rêves

La Realidad (Chiapas, Mexique), mercredi 15 août 2012.

DÉCLARATION PUBLIQUE

À la société civile nationale et internationale
Aux compañer@s de La Otra Campaña nationale et internationale
Aux compañer@s de la Zesta Internationale
Aux organismes indépendants de droits humains
Aux médias alternatifs
À la presse nationale et internationale
Aux sœurs et frères du Mexique et du monde

Le Conseil de bon gouvernement Vers l’espérance de cette zone de Jungle frontalière dont le siège est à La Realidad, Trinidad, commune autonome de San Pedro de Michoacán, DÉNONCE PUBLIQUEMENT les provocations que nous infligent les autorités et un groupe de personnes de Veracruz, annexe de l’ejido [forme de communauté, NdT] San Carlos, commune officielle de Las Margaritas (Chiapas, Mexique).

Dans cette localité (l’annexe Veracruz) a été construite avant le soulèvement armé de 1994 un bâtiment de 30 m × 14 m sur un projet venant de l’extérieur, pour un entrepôt d’achat et de stockage de café pour l’Union des ejidos de la Jungle ; à partir du 1er janvier 1994, cet entrepôt s’est trouvé entre les mains des communes autonomes rebelles zapatistes.

Plus tard, les quatre communes autonomes qui sont San Pedro de Michoacán, Tierra y Libertad, Libertad de los Pueblos Mayas et General Emiliano Zapata se sont organisées pour travailler à un projet autonome dans cette installation, ou nous vendons des marchandises en gros et au détail, et que nous occupons depuis déjà bien des années, parce que ça ne fait aucun doute que cet entrepôt nous revient à nous les zapatistes.

Il se trouve qu’un groupe de personnes qui vivent dans cette annexe, poussés par leurs autorités et d’autres personnes, se sont organisées dans le but de nous le prendre. Ce groupe n’a rien à voir avec ceux qui l’ont construit, et ce qu’il fait, c’est nous provoquer sans aucun droit ni raison, parce que nous n’avons rien pris à personne, et surtout pas à eux.

Le 3 juillet 2012 se sont présentés devant le bureau du Conseil de bon gouvernement MM. Iván Méndez Domínguez, suppléant de l’agent municipal, et Rafael Méndez López, agent municipal, en nous disant qu’en tant que groupe ils veulent occuper l’entrepôt, car ils vont être bénéficiaires de deux projets que le mauvais gouvernement va leur accorder, et pour cela ils ont besoin du bâtiment pour pouvoir mettre en marche ces projets. Les autorités du Conseil de bon gouvernement leur ont dit qu’on n’allait pas leur permettre de l’occuper, qu’ils voient ça avec ceux qui leur octroient le projet. Ils ont donc été mis en garde : qu’ils ne viennent pas nous provoquer, nous zapatistes, à cause de ces miettes que leur offre le mauvais gouvernement.

FAITS SURVENUS :

Le 6 de ce mois d’août, à partir de 7 heures du matin, un groupe de 45 personnes qui militent au Parti vert écologiste et au PRD, avec à leur tête Rafael Méndez López, agent municipal, Iván Méndez Domínguez, suppléant de l’agent municipal, Alfredo Méndez Rodríguez, Fidel Méndez Sántiz, Francisco Sántiz Méndez, Nemias Sántiz Rodríguez, Ernesto Grene Hernández, Joel Hernández Méndez, Hugo Albores Trujillo, Gilberto Méndez Méndez et Marín Méndez Sántiz ; ces personnes se sont dirigées vers l’entrepôt et l’ont clos avec du fil de fer barbelé, en mettant quatre rangées de fil sur environ 60 mètres de long, pour boucher l’entrée et ainsi empêcher le passage vers notre entrepôt.

Après avoir fini de clore, ils se sont dirigés vers nos compañeros bases de soutien qui servaient dans notre entrepôt comme vendeurs, leur ont demandé les clés et ont exigé qu’ils quittent les lieux sur-le-champ, non sans les avoir agressés verbalement. Mais nos compañeros n’ont pas fait ce qu’ils leur demandaient. Face à cela, nous avons dû ouvrir le passage le jour même pour que les gens puissent accéder sans problème.

Comme si ça ne suffisait pas, le samedi 11 de ce mois, à partir de 3 heures de l’après-midi, un groupe de 45 personnes est allé couper l’électricité de l’entrepôt et en même temps, sans permission aucune, ils sont entrés sur la propriété de notre compañero Mario Sántiz Méndez, base de soutien de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) pour lui couper le courant.

Devant des actions aussi injustes qu’ils nous infligent parce que nous sommes zapatistes, le mardi 14 août nous avons rétabli le courant électrique de notre compañero et de notre entrepôt. Puisque notre compañero n’a aucune sorte de litige avec ces frères, c’est pour le simple fait d’être base de soutien de l’EZLN qu’ils le provoquent et nous provoquent tous. Nous savons parfaitement que ces frères ne sont pas nos ennemis, mais malheureusement, parce qu’ils ne comprennent pas, parce qu’ils ne pensent pas, ils se mettent n’importe comment à faire des choses (des provocations) sans analyser si ça va être bon ou pas pour eux, et sans mesurer les conséquences que cela peut entraîner.

C’est dommage pour ces frères qui se laissent abuser, qui se laissent manipuler par quelques personnes à leur tour manipulées et conseillées par leurs mauvais gouvernements. Et c’est injuste que ces personnes qui organisent la provocation soumettent les autres au moyen de sanctions et menacent ceux qui refusent de le faire, car nous savons qu’il y a des frères qui savent penser, qui savent analyser, mais qui par peur doivent se soumettre, et se transforment ainsi en complices de ceux qui organisent ces actions.

Ce qui est en train de se passer est principalement la faute des mauvais gouvernements et des miettes qu’ils offrent. Une preuve de cela : ce que nous ont dit les autorités de l’annexe, qu’elles bénéficieraient de deux projets que leur accorderait le gouvernement, et que c’est pour cela qu’elles veulent nous prendre ce qui est aux mains de l’EZLN depuis le soulèvement armé de 1994.

C’est une stratégie des gouvernements corrompus, qui sont les auteurs intellectuels, les responsables de ces problèmes, en introduisant leurs projets pour diviser les gens et créer des problèmes entre les paysans et indigènes que nous sommes, ou pour intimider nos compañeros à travers ces provocations afin qu’ils cessent de lutter. Mais ce que nous leur disons, à ces autorités corrompues et à ce groupe de personnes qu’elles ont organisé pour exécuter leurs mauvaises actions, ainsi qu’aux autorités des trois niveaux de gouvernement, Felipe de Jesús Ruiz Moreno, président municipal de Las Margaritas, Juan Sabines Guerrero et Felipe Calderón Hinojosa [gouverneur du Chiapas et président de la république, NdT], c’est que nous, jamais nous ne permettrons ces provocations ; nous allons nous défendre comme il se doit face à tout projet qui affecte nos compañer@s zapatistes.

Sœurs et frères, nous rendons ces actions publiques pour que vous sachiez ce que sont en train de faire les mauvais gouvernements, tant le municipal que ceux de l’État et de la Fédération, qui font semblant d’être bons, mais qui sont ce qu’on peut avoir de pire. Ils nous agressent sans rime ni raison, ils croient qu’avec ça, nous allons nous rendre, ou nous vendre, pour rejoindre les rangs des voleurs, des criminels et des bradeurs de patrie qu’ils dirigent. Mais s’ils pensent cela, ils sont bien dans l’erreur, parce que ces injustices qu’ils nous font subir, bien loin de nous pousser à capituler, nous emplissent de colère, de rage et d’indignation.

C’est pourquoi nous rendons responsables M. Iván Méndez Domínguez, M. Rafael Méndez López et tout le groupe mentionné ci-dessus pour tout ce qui pourrait arriver à partir de maintenant ; nous rendons responsables également Felipe Ruiz Moreno, Juan Sabines Guerrero et Felipe Calderón Hinojosa, car s’ils ne font rien pour empêcher ça, ils seront les fautifs immédiats et les complices de ces agresseurs, et de tout ce qui pourrait se passer.

¡Ya basta ! Assez de provocations et d’injustices contre nous.

Nous faisons savoir que nous n’allons pas nous laisser faire, et nous les avertissons que s’ils ne cessent pas de nous provoquer, nous prendrons des mesures plus sérieuses.

Nous resterons attentifs à tout ce qui pourrait survenir.

Bien à vous

Conseil de bon gouvernement Vers l’espérance,

zone Jungle frontalière

LA DÉCLARATION PORTE LE CACHET DU CONSEIL DE BON GOUVERNEMENT VERS L’ESPÉRANCE ET LES SIGNATURES DE :

DANNY, YONI, ANAHÍ, MADELI.

Traduit par el Viejo.

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