Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

ATTAC, Marcos et les autres

samedi 31 mars 2001

Le CSPCL a reçu, fin mars 2001, cette lettre et la rend publique avec l’autorisation de son auteur.

Je doute que la photo qui circule sur beaucoup de réseaux alternatifs avec le "révolutionnaire" % d’ATTAC collé sur la veste de Marcos soit un simple montage.

Après avoir marché main dans la main avec le super "aktiviste rouge" souverainiste Chevènement à Porto Alegre, ATTAC enrôle dans ses troupes le Chiapas en lutte ! Help ! "Zapatiste dignité rebelle, cœur oublié de la patrie" : Sami Naïr et lui doivent se reconnaître évidemment dans cette lutte contre l’extermination et pour la reconnaissance de ces minorités ethniques, des Indiens qui voient leurs langues, leur valeurs s’éteindre inexorablement.

Le sous-commandant Marcos reprend la lutte visible en occupant les principales villes de l’État du Chiapas, puis en 2001 : arrivée triomphale sur Mexico ! Cinq siècles de massacre, d’exploitation, d’humiliation, d’esclavage doivent prendre fin. "Terre et liberté" ! premiers cris en 1881, au moment de l’indépendance du Mexique, puis à nouveau en 1911, au moment de la révolution.

En 2000, la Constitution ne reconnaît toujours pas les peuples indigènes, au prétexte que la majorité en est métisse. Les Indiens massacrés depuis l’origine des conquêtes. Rien n’a changé, les transnationales remplacent les politiques qui leur obéissent : ils continuent cette même politique dans la politique dite de "libre-échange" - ni libres ni échanges -, les global killers pillent sans vergogne (Chiapas, les plus grandes réserves pétrolières et gaz et énergie hydroélectrique). L’ALENA, puis l’OMC avec l’ouverture d’un maximum de "zones franches" : zones de la honte, l’esclavage le plus sordide autorisé en 2001 où les Mexicains sont humiliés, exploités, bafoués - les femmes sont les premières victimes -, réduits à l’esclavage le plus inhumain sous les ordres de l’OMC et avec l’orchestration des politiques meurtrières du FMI et de la BM.

Mais bon, cela nous le connaissons tous, simplement je me demande si l’on enlève la cagoule de tous les soutiens à ces milliers de marcheurs zapatistes que l’on ne reconnaisse pas le visage de Sami Naïr : invité à cette marche, aurait-il changé radicalement de visage ? Help ! enlevez-lui sa cagoule vite ! Deviendrait-il le défenseur des minorités ethniques, des métis, avec son cher copain Chevènement qui marche main dans la main avec ATTAC de Porto Alegre à Mexico ?

Alors je propose qu’à son retour on leur offre à tous les deux une superbe cagoule tricotée par les 6 000 sans-papiers en prison, qui, pour 24 francs par jour, travaillent dans les ateliers. Ils reçoivent des feuilles de salaire pour ce travail : ils ne sont donc pas en situation irrégulière !

Sur leur cagoule plutôt que le sigle "révolutionnaire" % d’ATTAC : ils sont en train de tricoter ce sigle "ART. 13" en rouge (liberté de circulation et d’INSTALLATION) et ART. 3 ("nul ne peut être soumis à des traitements inhumains et dégradants").

Alors cagoule pour tous, Cassen, Naïr, Chevènement, et tous ceux qui se battent contre l’esclavage l’exploitation, l’humiliation des minorités...

Les 6 000 sans-papiers, tous zapatistes s’il en faut, en prison viennent d’être livrés en laine, par contre plus dure pour les aiguilles, mais, pour le prix qu’ils sont payés, ils vont réussir à le faire avec leurs doigts.

"TU VEUX SAVOIR QUI EST MARCOS ?
QUI SE CACHE SOUS SON PASSE-MONTAGNE ?
ALORS PRENDS UN MIROIR ET REGARDE-TOI.
LE VISAGE QUI S’Y REFLÈTE EST CELUI DE MARCOS.
CAR NOUS SOMMES TOUS DES MARCOS..."

Solange.

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