Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Paris, le 3 février 2013

Déclaration de la rencontre européenne des collectifs de solidarité avec les femmes et hommes zapatistes

dimanche 10 février 2013

“Nous avons toujours fraternisé et avons depuis longtemps été avec eux et il en a toujours été ainsi !

Et aujourd’hui nous marchons à leur côtés !

Nous continuerons à marcher tant que nous serons en vie.

Ceux qui marchent, les marcheurs, s’appellent xanarati.”

Don Juan Chavez

Aux compañeras et compañeros de la Sexta

Avant tout, recevez nos salutations et accolades les plus fraternelles et solidaires de la part de nous tou-tes venu-es de différents recoins de l’Europe, appelés État Espagnol, France, Belgique, Allemagne, Suisse, Italie, Royaume-Uni et Pays Basque réuni-es pour la rencontre Européenne des collectifs et compañer@s.

Réunis ici, nous réaffirmons notre engagement à continuer notre chemin dans la Sexta avec les compañeros zapatistes, avec le CNI (Congrès National Indigène) et toute la Sexta. Comme l’ont démontré les zapatistes depuis le 21 décembre, une nouvelle ère a commencé.

Durant deux jours nous avons discuté de la situation au Mexique, de la répression, de la campagne pour Kuy, des campagnes pour la libération des prisonnières et prisonniers, du pillage par les multinationales dans tous le pays et particulièrement sur l’Isthme de Tehuantepec en ce moment ; nous avons partagés les messages envoyés par les compañer@s ; nous avons partagés nos expériences et réalités, renforçant nos liens.

Quels que soient les géographies et calendriers, nous arrivons à la même analyse.

Eux sont en train de privatiser le futur, pour un très petit groupe qui détient les armes économiques et politiques pour se l’acheter, imposer sa vision pauvre du monde et reproduire son pouvoir. Pour tous les autres, ils laissent un futur vide et obscur. Nous continuons avec la promesse de remplir ce vide et de l’illuminer avec le feu de la parole et de nos efforts. Contre cette machine de mort qui divise, nous voulons construire un monde riche de nos différences et de nos rencontres.

Nous savons que nous sommes pris dans la même guerre, celle qui s’appuie sur la spoliation, l’exploitation, la répression, et le mépris :

- La spoliation des campagnes et des villes, où nous perdons toujours plus d’espaces : terres, rues, lieux d’habitations, espaces collectifs ; où ils détruisent le tissu social, et où nous sommes tous les jours un peu plus sous contrôle.

- La spoliation du peuple pour soutenir la spéculation des banques, au prétexte de la prétendue crise qui laisse des milliers de personnes sans maisons, sans recours, sans rien, en particulier dans l’État Espagnol et en Grèce.

- L’aggravation de l’exploitation par les atteintes aux droits du travail (syndicats, salaires, condition de travail), l’augmentation de la précarité, la fermeture et la délocalisation des usines qui laissent des millions de travailleurs au chômage, comme c’est le cas avec PSA ou Arcelor-Mittal.

- La privatisation des services publics, comme la santé ou l’éducation qui deviennent des marchandises réservées aux plus riches.

- L’exploitation et le contrôle des ressources naturelles partout dans le monde par des interventions militaires, policières, ou institutionnelles sous le prétexte des “droits de l’homme”, du “développement”, de leur supposée “démocratie” ou de la “défense des ressources naturelles”, comme au Mali, en Afghanistan ou à Montes Azules.

- La fabrication et la vente d’armes, ainsi que les formations pour la guerre qui s’exportent pour alimenter des conflits permanents contre les peuples, comme au Mexique mais aussi en Syrie ou en Palestine. Nous n’oublions pas que les États sont les principaux acteurs de la destruction et de la mort.

- Le contrôle policier et militaire de nos villes, campagnes et vies, sous prétexte du terrorisme et de la délinquance, mais en réalité contre les luttes de ceux d’en-bas et des mouvements sociaux.

- L’enfermement de toutes celles et tous ceux qui protestent ou qui ne se conforment pas au système capitaliste. Les États criminalisent ainsi les luttes sociales et remplissent leurs prisons.

- L’avancée de l’extrême-droite qui utilise la crise pour diffuser ses idées de morts : fascisme, racisme, violence, discrimination, exclusion, xénophobie, homophobie...

- Le mépris, la persécution et l’exploitation de ceux qui sont le plus en bas, c’est à dire les migrants, les sans-papiers et le peuple Rrom (gitans, tziganes... qui parlent romani).

- Le mépris envers les jeunes qui se sont rebellés avec rage, en France, en Angleterre ou en Grèce, le mépris des autres sexualités (LGBTQI ...) pour leurs différences, le mépris envers les pauvres qui va jusqu’à les accuser de profiter du système...

Nous ne nous reconnaissons pas comme victimes de ce système, nous ne nous voyons pas comme coupables, nous ne reconnaissons pas nos réalités dans le schéma de ceux d’en haut. Nous n’en supporterons pas plus.

« Nous avons défini les “non”, il reste maintenant à définir les oui »

Oui, nous allons défendre nos autres histoires et territoires, les mondes que nous imaginons, en les sauvant et en les construisant, dans les campagnes et dans les villes. Dans beaucoup de lieux, ce ne sont pas seulement des résistances qui se créent, mais aussi des formes de vie et de relations, d’autres futurs. A partir de la lutte, les gens se rencontrent et développent une autonomie propre et collective, dans des squats, des centres sociaux, des terres collectives, à Notre-Dames-des-Landes et dans le Val de Suze, dans tous les territoires frontaliers où l’idée de nationalité ne trouve pas de place.

Oui, nous continuerons à tisser des liens entre nos luttes, nos géographies et nos calendriers.

Oui, nous voulons continuer à cheminer avec les zapatistes, à côté de ses peuples et communautés, construire ensemble la nouvelle ère et faire un autre pas.

Nous nous reconnaissons dans les luttes des peuples pour défendre et renforcer leur mode de vie, terre, territoire, autonomie.

Nous sommes tou-tes des migrants, nous avons tou-tes besoin d’un passé et d’un futur, tou-tes sommes vivant-es et nous avons le droit de réaliser nos rêves.

CafeZ, Liège, Belgique Caracol Zaragoza - Réseau de personnes pour l’autonomie zapatiste, État espagnol CAREA e.V., Allemagne CGT, État espagnol Collectif de soutien aux luttes mexicaines, Nancy, France Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte, Paris, France Comité Ojo Alerta, Allemagne Gruppe B.A.S.T.A., Münster, Allemagne LA PIRATA composée de : Nomads, Nodo Solidale, Colectivo Zapatista Marisol, Lugano, Italie et Suisse Les Trois Passants, France Mut Vitz 13, France Plataforma de solidaridad con México y Guatemala de Madrid, État espagnol Plataforma Vasca de Solidaridad con Chiapas, Pays basque Red Ya-Basta-Netz, Allemagne Secrétariat international de la CNT, France UK Zapatista Solidarity Network, Royaume-Uni Union syndicale Solidaires, France Ya Basta ! Milan, Italie

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