Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Mars 2013

Dates et autres choses pour la petite école zapatiste

SCI Moises, EZLN

vendredi 5 avril 2013

ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NACIONALE.

Compañeras et compañeros, sœurs et frères, de la Sexta, Sur les visites, les caravanes et les projets.

Vous savez que nous sommes en train de préparer nos cours pour les petites écoles, c’est là-dessus que nous allons nous concentrer pour que ça marche bien et que nous ayons de bons et bonnes élèves.

Et nous, de concert avec les autorités, nous pensons qu’il y a des choses que nous n’allons pas pouvoir voir en entier pour ne pas nous distraire, comme par exemple vous donner des interviews, échanger des expériences, ou recevoir des caravanes, ou des brigades de travail, ou discuter une idée de projet. Alors, s’il vous plaît, ne faites pas le voyage pour rien, parce que ni les Conseils de bon gouvernement, ni les autorités autonomes, ni les commissions de projets ne vont pouvoir s’occuper de vous. Si quelqu’un-e, personne, groupe ou collectif, pense mener une caravane avec du soutien pour les communautés, nous leur demandons comme une faveur d’attendre que vienne leur temps pour cela, ou si leur voyage est déjà organisé, qu’ils veuillent bien déposer tout au CIDECI, auprès du Docteur Raymundo, là-bas, à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas, Mexique).

Nous ne disons jamais non, sauf maintenant, NON, parce que nous voulons nous concentrer sur l’école. Nous voulions vous prévenir, pour que ça ne soit pas mal compris, du pourquoi de ce refus de s’occuper de vous.

Nous voulons vous dire cela pour que vous ne programmiez pas vos voyages qui demandent des conversations avec nos autorités, nous n’allons pas pouvoir vous satisfaire pour la simple raison que tout notre effort est dédié à notre petite école, pour vous, pour les gens du Mexique et ceux du monde, c’est pour cela qu’il faut tout notre effort.

Et ainsi, nous allons nous trouver dans les Conseils de bon gouvernement des cinq caracols, nous ne pourrons pas nous occuper de vous. Mais en revanche, vous pouvez visiter les caracols.

De même avec les projets déjà en marche des cinq Conseils, il y a des choses que nous n’allons pas pouvoir faire. Seulement ce qui est à notre portée, qui n’implique pas des consultations ou beaucoup de mouvement pour nos villages. Si ce n’est pas le cas, on verra à une autre occasion.

Nous voulons que vous nous compreniez, pour nous ce n’est pas le moment des caravanes, ni des projets, ni des interviews ou échanges d’expérience et autres choses. Pour nous, les hommes et les femmes zapatistes, c’est le moment de nous préparer pour la petite école. Nous N’allons PAS avoir le temps pour autre chose, à moins que ça vienne du mauvais gouvernement qui cherche à nous flanquer un grand bazar, alors là, si, ça change les choses. Avec vous, compañeras et compañeros, sœurs et frères, nous pensons qu’il y a de la compréhension.

Sur l’école.

Je vous transmets les premiers renseignements pour la petite école, pour que ceux qui vont prendre les cours puissent préparer leurs affaires.

1.- À la fête des Caracols sont invités tous ceux et toutes celles qui se seront sentis convoqués. La fête a lieu dans les cinq Caracols, vous pouvez donc aller là où vous préférez. L’arrivée est le 8 août, fête les 9 et 10, et retour le 11. Attention : la fête des 10 ans des Caracols, ce n’est pas la même chose que l’école. Ne pas confondre.

2.- Par cette fête, les bases de soutien zapatistes célèbrent le dixième anniversaire des Conseils de bon gouvernement, mais pas seulement.

3.- Ces jours-là commence notre petite école très différente où nos chef-fe-s, c’est-à-dire les bases de soutien zapatistes, vont faire cours sur comment a été leur pensée et leur action dans la liberté selon le zapatisme, leurs réussites, leurs erreurs, leurs problèmes, leurs solutions, ce qui a avancé, ce qui est en cours et ce qui manque, parce qu’il manque toujours ce qu’il manque.

4.- Le premier cours (nous allons en faire beaucoup, suivant ce que pourront les participants) du premier niveau est de 7 jours, incluant l’arrivée et le retour. Arrivée le 11 août, le cours commence le 12 août 2013 et finit le 16 août 2013. Et le 17 août 2013, c’est le départ. Ceux qui auront fini le cours et voudront rester plus longtemps pourront visiter d’autres caracols que celui où ils auront suivi le cours. Le cours est le même dans tous les caracols, mais ils peuvent connaître d’autres caracols différents de celui de leur cours, mais ce sera à leurs frais.

5.- Petit à petit, nous allons vous dire comment faire pour l’inscription à la petite école de la liberté selon les femmes et hommes zapatistes. Mais nous vous disons tout de suite qu’elle est laïque et gratuite. La préinscription se fera avec les Équipes de soutien à la Commission Sexta, nationale et internationale, sur la page web d’Enlace Zapatista, et à travers des courriers électroniques. L’enregistrement des élèves se fera au CIDECI, à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas). On va commencer à envoyer les invitations, selon les possibilités, à partir du 18 mars 2013.

6.- Mais n’entrera pas qui veut à l’école, c’est nous qui allons inviter directement. Ces compas que nous invitons, nous allons en prendre soin, nous allons leur donner à manger, un endroit pour dormir propre et riant, et nous allons leur mettre à chacun un gardien ou une gardienne, bref, chacun son « Wotan » qui veille à ce qu’il soit bien et qu’il ne souffre pas trop pendant le cours, seulement un peu, mais un peu, ça, toujours.

7.- Les élèves vont devoir étudier très dur. Le premier niveau a 4 thèmes qui sont : Gouvernement autonome I, Gouvernement autonome II, Participation des femmes au gouvernement autonome, et Résistance. Chaque thème a son manuel. Les manuels ont entre 60 et 80 pages chacun, et ce que vous a donné à connaître le SupMarcos est seulement une petite partie de chaque livre (3 ou 4 pages). Chaque manuel a un coût de 20 pesos, ce que coûte sa fabrication d’après nos calculs.

8.- Le cours dure 7 jours pour le premier niveau, et selon le temps dont dispose le ou la compa, parce que nous savons qu’il ou elle a son travail, sa famille, son combat, son engagement, c’est-à-dire son calendrier et sa géographie.

9.- Le premier cours est seulement de premier degré, il en manque beaucoup d’autres, aussi l’école ne finit-elle pas vite, elle prend du temps. Qui passe le premier niveau pourra passer le second.

10.- Sur les dépenses : le compa, la compa doit s’occuper de son voyage jusqu’à arriver au CIDECI, à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas), et pour retourner à son coin. Du CIDECI, vous allez à votre école, et à la fin, le retour est jusqu’au CIDECI, et delà chacun-e retourne dans son coin. À l’école, c’est-à-dire au village, vous n’aurez pas de souci, les haricots, les tortillas et les petits légumes ne vont pas manquer à votre table. C’est-à-dire que les frais de chaque étudiant, c’est les zapatistes qui vont les couvrir. Chaque étudiant ou étudiante va vivre chez une famille zapatiste. Pendant les jours d’école, ce sera la famille de l’élève. Avec cette famille, il va manger, travailler, se reposer, chanter, danser, et ils vont le conduire à son école, soit au centre d’éducation. Et le « Wotan », c’est-à-dire le gardien ou la gardienne, va toujours l’accompagner. Bref, nous allons être aux petits soins pour chaque étudiant et étudiante. Et s’il tombe malade, nous allons le soigner, et si c’est grave nous allons le conduire à l’hôpital. Mais pour ce qu’il y a dans sa tête à son arrivée et à son départ, là, nous ne pouvons rien faire, c’est à chaque compañero ou compañera de savoir ce qu’il fait de ce qu’il a regardé, écouté et appris. Dit autrement, on va leur enseigner la théorie, et la pratique, c’est à chacun de voir ça dans son coin.

11.- Pour pouvoir payer les frais de votre école, c’est nous qui allons voir ça. Nous pouvons faire un festival de musique ou de danse, ou des peintures, ou de l’artisanat, mais ne vous en faites pas, nous cherchons comment faire, et en plus il y a toujours des gens bien qui soutiennent les choses bien. Pour qui veut faire un don pour l’école, nous allons mettre une boîte sur le lieu d’enregistrement des élèves, au CIDECI, avec les compas de l’Université de la Terre, à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas, Mexique). Là, dans la boîte, quelqu’un qui veut donner quelque chose le fait, et personne ne sait qui a donné ni combien, pour que certain-e-s ne se flattent pas de donner beaucoup et que d’autres ne soient pas tristes d’avoir donné peu. Il ne sera pas permis que dans les écoles, les caracols ou les familles, vous donniez de l’argent ou des cadeaux. Tout ce que vous voudrez donner, c’est au CIDECI, aux compas de l’Université de la Terre, à San Cristóbal de Las Casas (Chiapas, Mexique). Là-bas, on va tout rassembler puis répartir également entre tou-te-s, si tant est qu’il y ait quelque chose. Sinon, tant pis, ce qui compte, c’est vous.

12.- Il y a d’autres façons de prendre le cours de l’école zapatiste. Nous allons demander leur soutien aux compas des médias libres, libertaires, autonomes, et à qui s’y connaît en visioconférences. Parce que nous savons bien que beaucoup de gens ne vont pas pouvoir venir pour des questions de travail, de famille, ou personnelles. Et aussi qu’il y a des personnes qui ne comprennent pas l’espagnol, mais qui ont envie d’apprendre comment les hommes et les femmes zapatistes ont fait ce qu’ils ont fait et défait ce qu’ils ont défait. Alors nous allons avoir un cours spécial pour être pris avec une caméra vidéo et envoyé là où il y aura un groupe d’élèves demandeurs et qui soient prêts avec leur manuel, et là ils verront le cours, et grâce à ce truc d’internet, ils peuvent poser leurs questions sur le cours que sont en train de donner les maîtres et maîtresses, les bases de soutien zapatistes.

Pour planifier cela, nous allons inviter à une réunion spéciale quelques médias alternatifs pour nous mettre d’accord sur comment on va faire les visioconférences, et aussi qu’ils prennent des photos et des vidéos des endroits dont on parle dans les cours, pour que tout le monde puisse vérifier si c’est vrai ou pas ce que sont en train d’enseigner les professeurs et professeures. Et un autre moyen, c’est que nous allons faire une copie des cours en dvd pour que celles et ceux qui ne peuvent aller nulle part et qui ne peuvent étudier le cours que chez eux puissent le faire, et ainsi apprendre aussi.

13.- Pour pouvoir assister à la petite école zapatiste, vous devrez prendre un cours de préparation où on va vous expliquer comment est la vie dans les villages zapatistes, leurs règles internes. Pour que vous ne risquiez pas de commettre un délit. Et ce que vous aurez besoin d’emporter. Par exemple, vous ne devez pas emmener ce qu’on appelle des tentes de camping qui, de toute façon, ne servent à rien ici, parce que nous allons vous installer dans des familles indigènes zapatistes.

14.- Une fois pour toutes nous vous disons qu’il est INTERDIT de produire, vendre ou acheter, échanger et consommer n’importe quelle sorte de drogues et d’alcools. Il est aussi interdit de porter et d’utiliser n’importe quel type d’armes, qu’elles soient à feu ou « blanches ». Qui demandera à être intégré à l’EZLN ou toute autre chose militaire sera expulsé-e. On n’est pas en train de recruter, ni de promouvoir la lutte armée, mais l’organisation et l’autonomie pour la liberté. Est interdite aussi la propagande de tout type, politique et religieuse.

15.- Il n’y a pas de limite d’âge pour assister à la petite école ; mais si ce sont des mineurs, ils doivent venir avec un adulte qui se donne pour responsable du ou de la mineure.

16.- Quand vous vous inscrirez, après avoir été invité-e-s, nous vous demandons de préciser si vous êtes autre, femme ou homme, pour voir comment nous nous arrangeons, parce que chacun-e est un individu, une individue, et sera respecté-e et accueilli-e comme tel-le. Ici, on ne discrimine pas pour raisons de genre, de préférence sexuelle, race, crédo, nationalité. Tout acte de discrimination sera puni d’expulsion.

17.- Si quelqu’un souffre d’une maladie chronique, nous lui demandons de venir avec ses médicaments et de nous prévenir à l’inscription pour être à son service.

18.- Quand vous vous inscrirez, après avoir été invité-e-s, nous vous demanderons de préciser votre âge physique et vos conditions de santé, pour vous installer dans une des écoles ou vous ne souffrirez pas plus qu’à l’habitude.

19.- Si vous êtes invité-e et que vous ne pouvez pas assister à cette première date, n’ayez pas de chagrin. Vous nous faites seulement savoir quand vous pouvez, et nous, nous vous faisons le cours quand vous pouvez venir. De même, si quelqu’un ne peut pas terminer le cours, ou ne peut pas arriver pour la date où il est inscrit, il n’y a pas de problème, vous pourrez compléter plus tard. Souvenez-vous aussi que vous pouvez assister aux visioconférences ou aux cours qui vont être donnés hors du territoire zapatiste.

20.- Dans d’autres écrits je vous expliquerai d’autres choses et j’éclaircirai des doutes que vous pourriez avoir. Mais ce que je vous ai dit ici est l’essentiel.

C’est tout pour l’instant.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain. Sous-commandant Insurgé Moisés, recteur de la Petite École Zapatiste.

Mexique, mars 2013.

PS.- J’ai demandé au SupMarcos de mettre à cet écrit quelques vidéos que vous devriez voir.

- Francisco Gabilondo Soler, Cri Cri, avec une chanson qui fait déjà partie de la musique classique : « Caminito de la escuela ».

- Las Ardillitas de Lalo Guerrero avec « Vamos a la escuela » et les prétextes de Pánfilo pour ne pas aller à l’école.

- Les rognes de l’école sur un rythme de ska, avec la Tremenda Korte et cette chanson : « Por nefasto ».

18-03-13 (142e anniversaire du début de la Commune de Paris). Traduit par El Viejo

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