Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

Juillet 2013

Votán II. LES GARDIEN-NE-S

SCI Marcos - EZLN

lundi 5 août 2013

Bon, maintenant il faut vous expliquer comment ça va marcher, la petite école (la liste du matériel scolaire, la méthodologie, les maîtres-ses, le programme, les horaires, etc.), et ce qui vient en premier c’est...

Ce dont vous avez besoin.

La seule chose dont vous avez objectivement besoin pour assister à la petite école zapatiste (en plus d’être invité-e, bien sûr, et de vos cent pesos pour le paquet de livres-dvd), c’est d’être disposé-e à écouter.

Alors vous n’avez pas à faire attention aux conseils et recommandations de ces personnes, aussi bien intentionnées soient-elles, qui vous disent d’apporter tel ou tel équipement en se vantant qu’elles, « elles ont vécu dans les communautés ».

Celles et ceux qui réellement ont vécu en communauté ne vont pas le crier sur les toits, et savent bien que ce dont on a vraiment besoin c’est de savoir regarder et écouter. Parce que des gens qui sont venus pour nous parler (et pour prétendre nous diriger ou pour nous offrir leurs aumônes d’argent ou de « savoir »), il y en a eu et il y en aura beaucoup, trop. Et les gens venus pour écouter sont très peu. Mais ça, je vous en parlerai à une autre occasion.

Donc n’achetez rien de spécial (j’ai lu que quelqu’un n’a que de vieux tennis, super). Apportez n’importe quel cahier et un crayon ou stylo bille. Il n’est pas obligatoire que vous trimbaliez votre ordi, votre esmartefaune, votre tablette ou ce dont on se sert maintenant, mais vous pouvez les apporter si vous voulez. Attention, il n’y a pas de signal de téléphone mobile là où vous irez. Il y a internet dans certains caracoles, mais sa rapidité est, comment je peux dire... comme « Pégase », la monture de Durito. Oui, vous pouvez amener votre appelez-le-comme-vous-voudrez où vous écoutez de la musique. Oui, vous pouvez apporter caméra et magnétophone. Oui, vous pouvez enregistrer et prendre des photos ou des films vidéo, mais seulement selon les règles que le Sous-commandant Insurgé Moisés vous indiquera. Oui, vous pouvez amener votre ours en peluche ou son équivalent.

Des choses qui peuvent vous être vraiment utiles : une lampe de poche. Votre brosse à dents et une serviette de toilette (au cas où ça vous dirait et qu’il soit possible de se baigner). Au moins un change d’habits, à cause de la boue. Vos médicaments, s’ils vous sont nécessaires et qu’ils vous ont été prescrits par quelqu’un de qualifié. Un sac en plastique pour vos documents d’identification et votre argent (portez les deux toujours sur vous - l’identification, on ne va vous la demander qu’à l’inscription, pour voir si vous êtes vous). Un autre sac en plastique pour le matériel d’étude qu’on va vous remettre. Et votre linge (de corps - si vous en mettez - et autre) mettez-le aussi dans des sacs en plastique.

Rappelez-vous : vous pouvez amener tout ce que vous voulez, mais tout ce que vous amènerez, vous aurez à le porter. Alors pas de « je vais apporter le piano au cas où j’aurais le temps de faire des gammes ». Et non, vous ne pouvez pas non plus venir avec votre Xbox, ps3, wii, ni cette vieille console Atari.

Ce qui est vraiment indispensable, vous ne pouvez pas l’acquérir, mais vous l’avez déjà incorporé à votre personne et vous pouvez le trouver, en partant de votre cou, en bas et à gauche.

Bien, cela éclairci, je vous mets la liste de ce dont vous avez besoin pour assister à la petite école en communauté. Sans ces conditions préalables, VOUS NE SEREZ PAS ADMIS :

- Indisposition pour parler et juger.
- Disposition pour écouter et regarder.
- Un cœur bien à sa place.

N’ont plus aucune importance, alors, votre race, votre âge, votre genre, votre préférence sexuelle, votre lieu d’origine, votre religion, votre scolarité, votre taille, votre poids, votre apparence physique, votre équipement, votre « ancienneté » par rapport au zapatisme... ni vos chaussures ou leur absence.

Ah, une chose quand même, ne venez pas avec vos escarpins à talons aiguille, qui vous vont super, mais que vous allez casser dès vos premiers pas dans...

L’Espace Scolaire et l’emploi du temps.

D’après nous, les femmes et les hommes zapatistes, le lieu d’enseignement-apprentissage, l’école en un mot, est le collectif. C’est-à-dire la communauté. Et les maîtres-ses et les élèves sont ceux-celles qui forment ce collectif. Tous et toutes. Il n’y a donc pas un maître ou une maîtresse, mais il y a un collectif qui enseigne, qui montre, qui forme, et en lui et avec lui la personne apprend et à son tour enseigne.

Ainsi, en assistant au premier jour de classe en communauté (dans les autres modalités, ça change), ne vous attendez pas à retrouver le modèle traditionnel d’école. Dans ce que nous avons préparé pour vous, la « salle de classe » n’est pas un espace fermé, avec un tableau noir et un professeur ou une professeure en face qui dispense le savoir aux élèves, qui les évalue et les sanctionne (c’est-à-dire qui les classe : bons et mauvais élèves), mais l’espace ouvert d’une communauté. Et pas une communauté de secte (ici vivent ensemble des zapatistes et des non zapatistes, et dans certains cas, des antizapatistes), ni hégémonique, ni homogène, ni fermée (toute l’année elle est visitée par des personnes de différents calendriers et géographies), ni dogmatique (ici on apprend aussi des autres).

C’est pour cela que vous ne venez pas à une école avec les horaires habituels. Vous serez à l’école à toute heure et tous les jours que durera votre séjour. La partie la plus importante de votre présence à la petite école zapatiste est votre vie commune avec la famille qui vous reçoit. Vous irez avec elle chercher du bois, à la milpa, au ruisseau ou rivière ou source, vous ferez la cuisine et vous mangerez comme elles-eux (bien sûr, vous mangerez ce qui ne vous fait pas de mal ou ce que votre conviction vous dicte - par exemple, si vous êtes végétarien ou végane, on ne vous donnera pas de viande, mais prévenez avant parce que les compas, quand ils sont contents d’une visite, préparent du poulet ou du porc, et la communauté ou la commune autonome ou le conseil de bon gouvernement peuvent prendre sur leur cheptel collectif et préparer du bouillon pour tout le monde -), vous vous reposerez avec eux-elles, et surtout vous vous fatiguerez à leur côté.

Autrement dit, pendant ces journées, vous ferez comme qui dirait partie d’une famille indigène zapatiste.

Et c’est pour cela même que nous n’acceptons pas que quelqu’un vienne avec sa tente ou sa caravane. Pour cela aussi qu’il y a un nombre de places limité. Parce que sur ces terres, c’est vrai qu’il y a de la place pour beaucoup, mais dans les cabanes zapatistes il n’y a de place que pour quelques-un-e-s. Si vous voulez camper, vivre avec la nature et ses bucoliques équivalents, d’accord, mais pas ici à ces dates-là.

Alors vous ne vivrez pas avec votre bande, votre groupe, votre collectif. Ni avec d’autres citoyen-ne-s. Si vous venez avec votre famille, votre moitié ou votre double, oui, vous serez avec elle si c’est ce que vous voulez, mais rien de plus. Pas question de «  nous qui sommes venus de tel endroit, nous allons nous rassembler pour foutre le bordel, ou pour causer ou pour chanter à la lueur du feu de camp, ou pour quoi que ce soit ». Ça, vous pouvez le faire dans vos géographies et dans d’autres calendriers. Ici vous (ou vous et votre famille, moitié ou double) venez pour participer au quotidien et au savoir du peuple indigène zapatiste et, bien sûr, aussi d’indigènes qui ne sont pas zapatistes.

Le peuple zapatiste est un peuple dont la particularité n’est pas seulement d’avoir défié le puissant, ni de s’être maintenu 20 ans en rébellion et en résistance. C’est aussi, et surtout, d’être parvenu à construire (dans ces conditions que vous allez connaître personnellement) la définition indigène zapatiste de la liberté : gouverner et nous gouverner en accord avec nos manières, dans notre géographie et dans ce calendrier.

Oui, cette histoire de « dans notre géographie et dans ce calendrier » marque une distance appréciable par rapport à d’autres projets. Non seulement cela prévient qu’il n’est pas un modèle à suivre (pour nous, certaines choses ont bien marché, d’autres non), un nouvel évangile ou une mode apte à l’exportation. Ce n’est pas non plus un « manuel de construction de la liberté ». Même pas pour tous les peuples originaires du Mexique, encore moins pour les peuples qui luttent dans tous les coins du monde.

En plus, attention, nous sommes en train de définir un temps. Ce que vous allez voir, c’est valable pour nous maintenant. Les nouvelles générations construiront leurs propres chemins, avec leurs manières propres et leur temps. Un concept de liberté n’a pas pour héritage l’esclavage vis-à-vis de soi-même.

Parce que c’est ça pour nous, la liberté : exercer le droit de construire soi-même un destin, sans personne qui nous commande ni qui nous dise ça, oui et ça, non. En d’autres termes : notre droit de tomber et de nous relever nous-mêmes. Et nous savons bien que cela se construit avec de la rébellion et de la dignité, en sachant qu’il y a d’autres mondes et d’autres manières, et que de même que nous tous et toutes nous nous construisons petit à petit, chacun construit peu à peu son identité, c’est-à-dire sa dignité.

Seulement deux fois durant la semaine où vous allez vivre avec les communautés zapatistes, vous assisterez au Caracol à une réunion de tou-te-s les élèves de la zone qui vous est échue. Lors de cette réunion, où seront réunies beaucoup de couleurs et de manières de différents calendriers et géographies, il y aura un maître ou une maîtresse qui se chargera d’essayer de répondre aux questions ou aux doutes qui auraient pu surgir pendant votre cohabitation. C’est pourquoi nous pensons qu’il sera bon pour vous de connaître les doutes qu’auront eus, par exemple, ceux ou celles qui viennent d’un autre pays, d’un autre continent, d’une autre ville, d’une autre réalité.

Mais ce qui est fondamental dans la petite école, vous l’apprendrez avec votre...

Votán.

Pendant plusieurs mois, des dizaines de milliers de familles zapatistes se sont préparées pour recevoir celles et ceux qui viennent à la petite école en communauté. Avec elles, des milliers de femmes et d’hommes, indigènes et zapatistes, se sont transformés en un Votán à la fois individuel et collectif.

Alors vous devez savoir quelle est la place de Votán dans la petite école. Parce qu’il se trouve que le Votán est comme qui dirait la colonne vertébrale de la petite école. Il est la méthode, le programme d’étude, la maîtresse-maître, l’école, la salle de classe, le tableau noir, le cahier, le crayon, l’écritoire avec la pomme, la récréation, l’examen, le diplôme, la toge et la barrette.

Sur ce que signifie « Votán » (ou « Uotán », ou « Wotán », ou « Botán »), on a beaucoup dit et écrit : par exemple que le mot n’existe pas dans la langue maya et que ce n’est qu’un mot mal entendu et mal traduit, de « Ool Tá aan », qui serait quelque chose comme « Le cœur qui parle », qui se réfère au tremblement de terre ; ou le rugissement du jaguar ; ou la palpitation du cœur de la terre ; ou le cœur du ciel ; ou le cœur de l’eau ; ou le cœur de la montagne ; ou tout cela et plus encore. Mais comme presque tout ce qui se réfère aux peuples originaires, il s’agit de versions sur des versions de ceux qui ont prétendu dominer (parfois au moyen de la connaissance) ces terres et leurs habitants. Ainsi, à moins que vous trouviez un intérêt à élucubrer sur des interprétations d’interprétations (qui finissent par ignorer les créateurs), ici nous nous référons au sens que les femmes et hommes zapatistes donnent à « Votán ». Et ce serait quelque chose comme « gardien et cœur du peuple », ou « gardien et cœur de la terre », ou « gardien et cœur du monde ».

Chacun-e des étudiant-e-s de la petite école aura son Votán, un gardien ou gardienne, peu importe l’âge, le genre ou la race de l’élève.

C’est-à-dire qu’en plus de la famille avec laquelle vous vivrez ces jours-là, vous aurez un tuteur ou une tutrice qui est la personne qui va vous aider à comprendre ce que c’est que la liberté pour nous, femmes et hommes zapatistes.

Les Gardien-ne-s sont des personnes comme le commun des personnes. Simplement ce sont des personnes qui se sont rebellées contre le puissant qui les exploitait, les méprisait, les dépouillait et les réprimait, et elles y ont consacré leur vie. Cependant, le Votán que nous sommes ne prêche pas de culte à la mort, à la gloire ou au Pouvoir, mais il marche dans la vie dans la lutte quotidienne pour la liberté.

Votre Votán personnel, votre Gardien-ne, vous racontera notre histoire, vous expliquera qui nous sommes, où nous sommes, pourquoi nous luttons, comment nous le faisons, avec qui nous voulons le faire. Il vous causera de nos réussites et de nos erreurs, il étudiera avec vous les manuels, il résoudra les doutes qu’il pourra (s’il ne peut pas, c’est à ça que sert la réunion générale), c’est lui ou elle qui vous parlera en espagnol (la famille dans laquelle vous vivrez vous parlera tout le temps dans la langue maternelle), il vous traduira ce qui se dit dans la famille et traduira à la famille ce que vous voudrez dire ou savoir, il marchera avec vous, il ira au bois, à l’eau ou à la milpa avec vous, il fera la cuisine avec vous, il mangera avec vous, il chantera et dansera avec vous, il dormira non loin de vous, il vous accompagnera quand vous irez aux toilettes, il vous dira quelles bestioles éviter, il veillera à ce que vous preniez vos médicaments, en résumé : il vous enseignera et prendra soin de vous.

À lui, vous pouvez poser les questions que vous voudrez : si nous sommes des créatures de Salinas de Gortari, si le SupMarcos est mort ou en train de bronzer sur les plages d’Europe, si le SubMoy va arriver, si le monde est rond, s’il croit aux élections, s’il est supporter des Jaguars, etcétéra, etcétéra, etcétéra. À la différence d’autres maîtres et maîtresses, le gardien ou gardienne, s’il ne connaît pas la réponse, vous dira ceci : « je ne sais pas ».

Votre Votán sera aussi votre traducteur simultané qui marche sans piles. Parce qu’ici, autant que possible, on vous parlera toujours en langue maternelle. Seul-e le gardien ou gardienne peut vous parler en castilla. Ainsi, vous constaterez ce qui se passe quand un indigène essaie de parler dans la langue dominante. La différence fondamentale, c’est que vous, vous ne serez pas traité-e par le mépris ou la moquerie parce que vous ne comprenez pas ce qui se dit ou que vous prononcez mal. Il y aura des rires, oui, mais de sympathie pour votre effort à comprendre et vous faire comprendre. Et attention : votre Votán ne vous traduira pas seulement des mots, mais des couleurs, des saveurs, des sons, des mondes entiers, c’est-à-dire une culture.

À la réunion à laquelle vous assisterez avec vos condisciples de la zone, vous ne pourrez pas poser directement une question à la maîtresse ou au maître, vous devrez la poser à votre gardien-ne, et il-elle la traduira au maître qui répondra en langue maternelle, et le gardien la traduira pour vous. Bien sûr, vous aurez toujours un doute : est-ce que votre question a été bien traduite, est-ce que la réponse que vous recevez est bien celle du maître ? Mais ne disent-ils pas que c’est juste qu’un indigène comparaisse devant les instances gouvernementales avec un traducteur de mots ? Est-ce que par hasard dans les tribunaux on traduit les cultures ? Ainsi vous comprendrez que ce qu’ils appellent « égalité juridique » est un autre des cauchemars de la justice dans notre monde. Où est l’égalité juridique si la traduction de mots comme « liberté », « démocratie », « justice » se fait avec les mots mêmes de ceux qui veulent nous réduire en esclavage, nous dépouiller, nous faire disparaître ? Où est l’égalité si l’accusation, le jugement et la condamnation sont faits par un système juridique qui, en plus d’être corrompu, est imposé avec la langue du Tyran ? Où est la justice si le système qui juge est fondé sur la prémisse de la spoliation culturelle ?

D’où l’école. D’où le Votán. Parce que...

Nous sommes lui.

Votre Votán est un grand collectif concentré en une personne. Lui ou elle n’écoute ni ne parle en tant que personne individuelle. Toutes et tous les zapatistes, nous sommes chaque Votán.

Il y a quelques semaines, les Sous-commandants Moisés et Marcos ont remis la charge de porte-parole de l’EZLN à des milliers d’hommes et de femmes indigènes zapatistes pour les journées de la petite école. Durant ces jours d’août (et ensuite en décembre et janvier prochains) par leur voix parlera tout l’EZLN, il écoutera avec leur oreille, et dans son cœur nous palpiterons, le grand nous tou-te-s que nous sommes.

Donc, pendant ces journées de la Petite école, vous aurez pour maître ou maîtresse rien de moins que la plus haute autorité zapatiste, le chef / cheffe suprême de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale : Votán.

Et Votán s’occupera aussi de...

Les Enfants.

Si l’élève est mineur-e (12 ans ou moins), une gardienne pour chaque enfant accompagnera la mère ou le père tout le temps, l’aidera à en prendre soin, à veiller à ce qu’elle-il ne tombe pas malade, prenne bien ses médicaments, joue, apprenne, soit content-e. S’il-elle sait déjà lire la gardienne étudiera avec l’enfant le manuel, lui racontera comment vivaient les enfants indigènes avant le soulèvement et comment ils vivent à présent, lui racontera des histoires terribles et merveilleuses, des contes, des blagues, lui chantera « la fille au chignon rouquin ». Et s’il fait des bêtises, elle lui dira de ne pas faire ça, parce que sans ça, quand viendra le SupMarcos avec son grand sac de biscuits, il ne lui en donnera pas un seul, même si c’est des animaux, et le grand Don Durito de la Lacandone ne lui racontera pas quand il a combattu, tout seul, contre 3,141592 dragons édentés, ni la merveilleuse histoire de Lucezita et le Chat-chien qui, à ce qu’on me dit, laisse loin derrière Ironman, Batman, Les Vengeurs, Spiderman, X-man, Wolverine et ce que vous voudrez.

Tous les enfants, avec les parents qui les accompagnent, seront installés dans la zone la plus proche de San Cristóbal de Las Casas, avec les meilleures conditions que nous puissions offrir. On aménagera des lieux spéciaux pour eux et elles, avec leur père/mère, pour qu’ils n’aient pas trop froid et ne soient pas mouillés s’il pleut. Il y aura aussi des compas qui s’y connaissent en santé et premiers secours. Et pour n’importe quelle urgence 24 heures sur 24 seront disponibles deux ambulances et deux véhicules pour transporter l’enfant à la ville s’il lui faut un docteur, ou pour aller chercher des médicaments s’il en a besoin. S’il est nécessaire que la famille retourne à sa géographie particulière, nous avons un petit fonds pour l’aider à acheter les billets, ou l’essence pour le retour, si celui-ci est nécessaire avant la fin de la période scolaire.

En résumé : les enfants auront un traitement à part. Mais ni eux ni les adultes n’échapperont à...

L’Évaluation.

C’est la plus difficile que vous ayez pu imaginer. Elle ne consistera pas en un examen, une thèse ou un questionnaire à choix multiples ; il n’y aura pas non plus de jury, ou de groupe d’examinateurs avec des titres universitaires.

L’évaluation, vous la ferez dans votre réalité, dans votre calendrier et votre géographie, et votre examinateur sera... un miroir.

C’est devant lui que vous verrez si vous pouvez répondre à la question unique de l’examen final : Qu’est-ce que la liberté selon toi-vous ?

-*-

Bon. Salut et croyez-moi, je le tire de ma propre expérience, ce qu’on apprend le plus, ici, c’est à poser des questions. Et ça vaut la peine.

Depuis les montagnes du Sud-est mexicain.

SupMarcos.

Mexique, juillet 2013.

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Écoute et regarde les vidéos qui accompagnent ce texte :

- Eduardo Galeano nous raconte une anecdote sur un maître et ses élèves.

- La liberté, c’est par exemple d’exiger la liberté pour tou-te-s les prisonnier-e-s Mapuche. La chanson s’appelle « Cosas Simples », du groupe chilien Weichafe (Guerrier).

- « Luna Zapatista », d’Orlando Rodríguez et Miguel Ogando, avec « El Problema del Barrio », dessins de Juan Kalvellido. Édition de la vidéo : Orlando Fonseca.

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http://enlacezapatista.ezln.org.mx/...

Traduit par El Viejo.

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