Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Solidarité avec Radio Ñomndaa !

Appel à aide financière

mercredi 8 janvier 2014

En avril 2012, le Collectif des Métiers de l’Édition (CMDE) publiait le DVD + Livre “La Parole de l’eau. L’aventure d’une radio libre dans les montagnes du Guerrero”, dans sa collection "À l’ombre du maguey".

Il retraçait la lutte de Radio Ñomndaa, une radio communautaire dans la région de la Costa Chica (Mexique), qui depuis bientôt neuf ans œuvre à la préservation de la culture et de la langue amuzgo, participe à la diffusion des luttes, constitue un espace de rencontre et d’organisation pour les communautés majoritairement indigènes de la région. "Pour une parole claire, libre, rebelle, et vraie".

Depuis, Radio Ñomndaa poursuit son activité aux niveaux radiophonique, politique et social malgré les difficultés qu’elle rencontre en raison de son statut de radio "libre", menacée par le gouvernement et les caciques de la région.

La radio fêtera son neuvième anniversaire en décembre 2013 dans des conditions difficiles. Après le violent séisme de mars 2012, dont l’épicentre était situé à 25 km de la radio, c’est à présent un ouragan qui a dévasté leur région. En septembre dernier, la tempête tropicale "Manuel" a touché une grande partie des régions qui bordent les côtes pacifiques mexicaines, provoquant pertes humaines et matérielles, inondations, destruction des routes et habitations, glissements de terrain, perte des cultures agricoles, etc.

L’État du Guerrero demeure le plus affecté par cet ouragan, particulièrement dans les zones reculées comme la Costa Chica. L’inaction de l’État est pointée du doigt par des centres de droit humains et la population dénonçant l’inefficacité des secours gouvernementaux qui laissent des centaines de villages isolés abandonnés à leur sort, comme c’est habituellement le cas dans ces circonstances. Les deux communiqués de Radio Ñomndaa, en pièce jointe, nous éclairent en détail sur cette situation.

Dans ce contexte, Radio Ñomndaa est un relais fondamental dans la transmission des informations, la mise en relation des habitants et des villages. Le comité de la radio, par son travail, tente d’impulser des formes concrètes d’organisation, et de mettre en place des moyens en adéquation avec les besoins des habitants à court et moyen terme.

Les installations de Radio Ñomndaa, relativement anciennes, ont été sérieusement endommagées par l’ouragan, ce qui la contraint à réduire de moitié le temps de transmission.

Nous lançons à un appel à soutenir financièrement Radio Ñomndaa, pour lui permettre d’améliorer son matériel de transmission et d’acquérir rapidement un nouvel émetteur qui renforcerait sa couverture dans la région.

La collecte que nous initions restera ouverte pendant 2 mois, jusqu’au 10 janvier 2014, date à laquelle nous ferons parvenir à Radio Ñomndaa la totalité des dons.

Si vous souhaitez soutenir Radio Ñomndaa, vous pouvez envoyer vos dons avant le 10/01/2014 :

- par chèque, à l’ordre des Éditions CMDE : 43 Rue Bayard 31000, Toulouse.
- par virement bancaire sur le compte du CMDE, avec l’intitulé "Soutien à Radio Ñomndaa" :

Association CMDE
02205 CCM TOULOUSE ESQUIROL
RIB : 10278 02205 00020453801 88
IBAN : FR76 1027 8022 0500 0204 5380 188

Par ailleurs, deux soirées de soutien se tiendront en décembre à Toulouse.

- Dans les locaux de la radio Canal Sud, vendredi 13/12, à 19h : soirée de soutien à Radio Ñomndaa et Radio Totopo. Projection de « Radio Ñomndaa, La Parole de l’eau » en présence du réalisateur Ulises Chávez et projection de « Somos viento » sur la lutte contre le parc éolien dans le sud-ouest du Mexique (Isthme de Tehuantepec). Adresse : 40 rue Alfred Duméril, Toulouse.

- À La Chapelle, le 19/12 à 19h : projections + repas mexicain. Adresse : 36 rue Danielle Casanova, Toulouse

Dans l’espoir de les aider, à notre mesure, à faire face à cette situation, et à poursuivre leur activité dans des conditions plus dignes,

Merci.

Les Éditions CMDE


En suivant, les deux communiqués de Radio Nomndaa, datés du 25/09 et du 8/10/13.

Premier communiqué sur la situation dans la Costa Chica (État du Guerrero, Mexique) suite au passage de la tempête tropicale « Manuel » (mi-septembre) 25 septembre 2013

Frères et sœurs, camarades, Au Congrès National Indigène, Au réseau de Résistance autonome anticapitaliste, Aux organisations sociales et aux collectifs de solidarité, Aux médias communautaires, libres et alternatifs, À la société en général,

Nous sommes Radio Ñomndaa, La Parole de l’eau, nous sommes situés dans la communauté amuzgo de Xochistlahuaca, dans la Costa Chica de l’État du Guerrero. Ce petit territoire est un espace multiculturel où cohabitent les communautés Nancue Ñomndaa (Amuzgos), Na’savi (Mixtèques), Nahuas, Afromexicaines et métisses.

Par ce communiqué nous voulons présenter un premier état des lieux des dégâts causés par le passage de l’ouragan « Manuel » dans notre région, et dénoncer la négligence dont fait preuve le gouvernement dans cette situation. Nous voulons aussi lancer un appel à la solidarité, pour les nombreuses communautés qui habitent ce territoire et nécessitent un soutien urgent.

Le présent rapport concerne la zone amuzgo, les municipalités de Xochistlahuaca, Tlacoachistlahuaca Ometepec, et la vallée où coule le fleuve Santa Catarina (connue comme « Los bajos »). Cette région abrite des populations principalement paysannes, qui vivent de la culture du maïs, du haricot, des bananes, des papayes, des courges, du piment, des tomates, et autres plantes comestibles ou aux vertus médicinales. Ces cultures sont destinées à leur autosuffisance alimentaire ou à la vente. Dans la région vivent également de petits éleveurs et des pêcheurs.

La zone amuzgo se situe à la frontière des régions de la Costa Chica et de la Montaña. Le relief propre à cette région fait que les pluies, qui persistent encore aujourd’hui, coulent en direction de la côte, en passant par la zone connue comme « Los bajos ». C’est pourquoi les principaux dégâts qui touchent notre région sont des effondrements de chemins et de routes. Dans les villages avoisinants, - El Carmen, San Miguel Tejalpan, La Soledad, Guadalupe Mano de León, Cerro Bronco, Rancho del Cura, Ejido Plan de Guadalupe - les crues des rivières et des ruisseaux ont provoqué des coupures d’électricité et de téléphone, ont dévasté les cultures, ont endommagé ou détruit les systèmes d’eau potables. Le ravage le plus important est l’effondrement des maisons traditionnelles construites en jonc, en terre, ou en torchis. Lors du séisme qui avait frappé cette même zone en mars 2012 (épicentre à 25 km d’Ometepec, magnitude 7,6), ces habitations avaient déjà étaient largement fragilisées. Aujourd’hui le nombre d’habitations démolies est estimé à plus de 300 dans la seule zone amuzgo (qui comprend les villages d’Arroyo Gente, Plan de los Muertos, Llano del Carmen, Cozoyoapan, Huehuetonoc, Paso Cuauhlote, Zacualpan, entre autres). Pour l’instant nous avons eu connaissance de deux morts suite aux effondrements de maisons.

Les villages qui se situent au bord du fleuve San Pedro ou à sa jonction avec le fleuve Santa Catarina, plus en direction de la côte, et dans le municipalité d’Ometepec [...], sont ceux qui ont été le plus touchés par les crues. Ces villages sont inondés, la plupart des maisons effondrées, les terrains agricoles sont totalement inondés, les cultures rasées, une partie du bétail - vaches et chevaux - a été emportée par les eaux, les biens sont détruits. On assiste à une poussée des maladies de la peau, des infections stomacales, on craint que ne s’étendent des épidémies de dengue.

Cette zone, parmi les plus affectées, est complètement abandonnée par les autorités. La situation est critique.

Le drame humain ne fait que commencer dans cette région. En effet, ces communautés dépendent surtout de leurs propres cultures agricoles, lesquelles ont été dévastées. La majorité ne dispose pas de revenus économiques stables, à l’exception de ceux qui travaillent occasionnellement comme ouvriers agricoles. Une forte crise économique et sociale est sur le point d’éclater, d’autant que les commerçants augmentent les prix de tous les produits de première nécessité. Les transports de la zone ont aussi significativement augmenté leurs prix.

Dans ces communautés, les autorités municipales et de l’État se montrent à peine. Elles apparaissent parfois en compagnie de l’Armée mexicaine, qui était installée dans plusieurs villages de la zone depuis avant les pluies torrentielles, sous prétexte qu’elle allait apprendre aux femmes à cuisiner, une action menée dans le cadre de « la croisade contre la faim ».

Nous avons été témoins de l’arrivée de membres du DIF (organisme gouvernemental qui promeut le « développement intégral des familles ») dans deux communautés, venus livrer un kilo de tortillas, deux teleras (petits pains ), ainsi que des vêtements d’occasion dans chaque famille. Ils n’hésitaient pas à se prendre en photo pour les diffuser dans les médias locaux et les réseaux sociaux, simulant ainsi un soutien du gouvernement. C’est dans ces moments-là que les leaders politiques mettent en place un assistanat à des fins électorales. Les temps sont propices aux affaires et aux profits des patrons et des hommes politiques, et comme toujours, au détriment des maux et des besoins du peuple.

Certains anciens de notre communauté se demandent : pourquoi est-ce que cette fois, avec seulement 3 jours de pluies ininterrompues, il y a eu tant de dégâts, alors qu’avant, il pouvait pleuvoir sans cesse pendant 8 jours, et cela causait seulement la mort de quelques poules ?

Ce qui nous emmène à nous demander : Peut-on vraiment faire porter la faute à la pluie, pour de tels dégâts ? Peut-on vraiment qualifier cela de « catastrophe naturelle » ? Le problème fondamental n’est-il pas plutôt par la corruption, la mauvaise planification et construction des installations publiques ? Avons-nous vraiment su respecter la Terre Mère ? Se pourrait-il que nous, les êtres humains, et en particulier les capitalistes et les dirigeants des trois niveaux de gouvernement, ayons une grande responsabilité dans tout ça ?

Pendant qu’ils fêtaient « l’indépendance », qu’ils impulsaient des réformes « structurelles » et réprimaient le corps enseignant, les étudiants, et tous les opposants à leur politique de spoliation, l’alerte météorologique émise depuis le 13 septembre ne fut en aucun cas leur priorité.

Pendant que les autorités du mauvais gouvernement, supposées être les responsables, qui disposent des ressources publiques pour faire face à cette situation d’urgence, sont plus occupées à réhabiliter les zones touristiques d’Acapulco, nous appelons tous les hommes et femmes solidaires à participer à une chaîne humanitaire, en envoyant des provisions telles que :
- Du riz, des haricots, de l’huile, des pâtes, des lentilles, du lait en poudre, du sel, du sucre et autres aliments non périssables.
- Du savon, papier et serviettes hygiéniques, dentifrice.
- Des médicaments pour les maladies infectieuses de la peau et de l’estomac, du matériel de premiers secours.
- Des couvertures, des imperméables, des chaussures, des vêtements.

Lieux de collecte à Mexico :
- Local de Jóvenes en Resistencia Alternativa, ubicado en calle 4 #252 colonia Agrícola Pantitlán.
- Casa Arango de la Alianza Mexicana de Organizaciones Sociales, eje 1 norte Mosqueta #106.
- Dans l’État de México, dans les écoles de l’Unión Popular José María Morelos y Pavón. Et d’autres endroits communiqués dans les prochains jours.

Pour toute communication et information adressez-vous à : lapalabradelagua@gmail.com et sur facebook : Catañoon’a Jndaa Defensa de nuestro rio Suljaa’

Suljaa’, Guerrero, Mexique, le 25 septembre 2013. Recevez mes salutations distinguées Radio Ñomndaa, La Palabra del Agua


Deuxième communiqué sur la situation dans la Costa Chica (État du Guerrero, Mexique) suite au passage de l’ouragan “Manuel” (mi septembre) 8 octobre 2013

À la société civile, Aux organisations sociales et aux collectifs, Aux personnes solidaires, Aux médias de communication,

À plus de vingt jours du passage de la tempête tropicale « Manuel » par la région Costa Chica de Guerrero, nous (les intégrants de Radio Ñomndaa, La Parole de l’eau) nous sommes rendus, peu à peu, dans les villages qui bordent les fleuves San Pedro, Santa Catarina et Quetzala. Ces derniers affluent depuis la zone d’altitude de La Montaña, traversent différents municipalités de la Costa Chica pour finalement se jeter dans l’océan Pacifique. Nous avons pu constater que les zones les plus touchées sont précisément celles qui bordent ces fleuves, connues comme « Los Bajos » ou « Los Llanos ». Ce sont des plaines proches de la mer.

Leurs terres humides, productives et propices à la culture du maïs que l’on plante deux fois par an, ont été inondées. Une partie a été emportée par le courant, et une grande partie a été enterrée sous le sable, elles ont été « noyées » comme disent les habitants. Ceci entraîne des conséquences très graves : la perte de la récolte de maïs, de haricots, de bananes, principalement, qui constituent les aliments de base des familles et leur source de revenus. Les paysans se demandent même si ces terres pourront être utilisées pour le prochain cycle agricole : les travaux devraient commencer dès maintenant, en octobre.

Sans aucun doute, les dégâts les plus dramatiques sont la perte des maisons, des animaux, des effets domestiques, des documents officiels comme les actes de naissance, les cartes etc. Les maisons qui se trouvent au bord des fleuves mentionnés plus haut ont été détruites, rasées, elles sont inhabitables. Leurs anciens habitants sont dans des habitations improvisées, d’autres ont trouvé refuge chez leur famille, d’autres encore ont dû quitter la région. La migration la plus importante, liée à la recherche d’un travail, reste à venir. On craint la prolifération de maladies infectieuses dues à l’eau stagnante, à la présence de boue dans les maisons et les rues des communautés, à la putréfaction d’animaux morts, à la prolifération de moustiques transmetteurs de la dengue, au manque d’eau potable, entre autres [...].

L’indifférence totale du gouvernement à l’égard des communautés touchées, est très inquiétante. Le peu d’aide apportée par les différents niveaux de gouvernement (municipal, de l’État, et fédéral), a été inéquitable, tardive et rachitique. Certains dénoncent la corruption dans la distribution de denrées. Les habitants communautés qui n’ont pas été affectées ont subi la pression du gouvernement pour donner des vivres, sans même qu’ils aient connaissance de leur destination.

Les hommes politiques se promènent dans les communautés qui ont souffert de la catastrophe, afin de se positionner pour les prochaines élections. Il ne fait aucun doute pour nous que l’organisation des communautés, des victimes, entre elles, sera primordiale pour exiger et contrôler que le soutien gouvernemental parvienne à ceux qui en ont le plus besoin, et ce sans aucun conditionnement, que les solutions proposées le soient à partir de leurs vrais besoins. Nous voulons faire en sorte que les choses ne se passent pas comme lors du séisme de mars dernier, où le gouvernement avait promis de reloger les victimes dans des habitations dignes, alors qu’à ce jour, la plupart attendent encore et ceux qui ont été relogés le sont dans des maisons précaires, dont les murs sont fendus, et qui subissent des infiltrations.

Face à cette situation, nous appelons toutes les organisations sociales, collectifs, et personnes solidaires à partager avec leur cœur ce qui est entre leurs mains, pour soutenir les communautés les plus affectées de la Costa Chica de Guerrero.

Nous voulons éclaircir que Radio Ñomndaa n’a pas été, ni ne sera bénéficiaire de ce soutien. Notre intervention consiste à servir de pont pour s’assurer que le soutien arrive jusqu’aux communautés ou aux personnes qui en ont besoin. Les articles dont ils le plus besoin sont :

- Du riz, des haricots, de l’huile, des pâtes, des lentilles, du lait en poudre, du sel, du sucre et autres aliments non périssables.
- Du savon, papier et serviettes hygiéniques, dentifrice.
- Des médicaments pour les maladies infectieuses de la peau et de l’estomac, du matériel de premiers secours.
- Des couvertures, des imperméables, des chaussures, des vêtements.

Lieux de collecte :

État de México : À Ecatepec de Morelos, en la escuela preparatoria oficial No. 128 "Gral. Francisco Villa". Calle José Ma. Morelos Lt.1 exterior 21. Col. Hank González.

Centre-ville de México:Eje 1 Norte-Mosqueta #106, à 2 rues du metro Guerrero.

Est de Mexico : Calle 4 #252 Col. Agrícola Pantitlán.

Sud de Mexico : UAM-Xochimilco, aux tables de presse du Comité Estudiantil Metropolitano-Colectivo de resistencia estudiantil 10 de junio. UNAM-CU, Segundo Piso de la Facultad de Filosofía y Letras. Ik’Otik Kubo 200. Egipto 15B, Colonia Miravalle, metro Ermita, de lun-ven de 8 am à 3 pm et de 4 pm a 6 pm. Sam. de 9 am a 3 pm

Ouest de Mexico : Centro Cultural La Pirámide : Calle Cerrada de la Pirámide s/n, esquina calle 24 (Eje 5 Sur San Antonio esq. Periférico Norte) ; Colonia San Pedro de los Pinos, delegación Benito Juárez. Metro San Antonio, lun-ven de 11 am-8 pm, sam. de 11a m-3 pm

Suljaa’, Guerrero, México, 8 Octobre 2012 La Parole du peuple est claire, libre, rebelle, vraie.

P.-S.

Pour plus d’informations sur Radio Ñomndaa, et l’histoire du Guerrero : http://www.lavoiedujaguar.net/Radio...

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