Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Récits à plusieurs voix,à propos du déroulement de la semaine de en solidarité avec l’anniversaire des 20 ans du soulèvement zapatiste qui s’est déroulée à Paris entre le 11 et le 19 Janvier

lundi 10 mars 2014

Paris : Balade Carnavalesque "les Zapatistes sont toujours là !

Pour partager, s’informer et fêter ce vingtième anniversaire du soulèvement zapatiste du Chiapas au Mexique (1994-2014)., ils étaient nombreuses et nombreux à cette Balade Carnavalesque qui a eu lieu le 11 janvier 2014.

Durant ces vingt années de résistance, de construction, de partage et d’autonomie, les Zapatistes nous ont inspiré dans nos luttes collectives et quotidiennes, nous n’avons pas cessé d’apprendre et d’être surpris de leur parcours rebelle. Tout au long de ces vingt années, des groupes, collectifs, organisations, syndicats, individus très divers ont accompagné et soutenu chacune et chacun à sa façon leur cheminement … tout au long de ces années nous ne les avons pas oubliés !

Tout en racontant le cheminement des Zapatistes par la lecture d’extraits de leurs déclarations, cette balade artistique, festive et collective a pris les rues de Paris. Tout au long du trajet, Il y eu : de la musique avec la batucata Yolande do Brasil, de la guitare, du saxo, de la trompette et aussi du cirque, une danse de la couleur de la terre, un peu de théâtre avec "nous n’oublions pas les prisonnier-e-s", les marionnettes de Lyllunik. À mi-parcours pour se réchauffer, une pause café avec les contes zapatistes du vieil Antonio par Albert à la Petite Rockette-Ressourcerie, et enfin une performance collective « El Caracol ».

La lutte continue !

En solidarité : Les Trois Passants (Libérons-Les !) Association Terre et Liberté pour Arauco La marionnettiste Lyllunik, Albert Sandoz y ses contes zapatistes du Viejo Antonio Lucie et son cirque rodant La Danse de la Couleur de la Terre (Los Palitos) Olivo et sa trompette marcheuse

Infos : http://liberonsles.wordpress.com

Une semaine de solidarité à voix multiples !

Tout au long de la quinzaine qui a encadré la semaine de solidarité mise en place pour fêter les 20 ans du soulèvement zapatistes ont été visibles 4 expositions dédiées aux zapatistes. Les lieux où elles étaient accrochées étaient très différents les uns des autres , mais avaient tous en commun l’idée de proposer un cadre d’échange et de réflexion Toutes les expositions étaient accompagnées d’un petit historique du mouvement d’extraits de communiqués et d’extraits des paroles des bases d’appui tirés des cahiers de l’escuelita. Dans chaque lieu les visiteurs étaient différents, leur façon de regarder aussi. En passant de l’une à l’autre, les visiteurs pouvaient découvrir un autre Paris et différents aspects du mouvement zapatiste.

A la maison de la jeunesse et de la culture, les enfants découvraient les visages masqués d’autres enfants zapatistes, leurs dessins, leurs paroles, leurs messages : Cette exposition était le fruit d’une correspondance (messages et dessins) qui s’est poursuivie pendant plusieurs années entre des enfants d’écoles et de collèges français et d’écoles autonomes zapatistes.

Les adultes, eux, découvraient l’escuelita : l’organigramme du « mandarobedeciendo », et des petits panneaux qui reproduisaient des extraits des cahiers de l’escuelita où les bases d’appuis donnaient leur témoignage sur la création de l’école autonome, leur manière de s’organiser, et de construire leur autonomie. Le second volet de l’exposition était visible le soir, dans un bar punk antifa-noctambules. Dans la petite librairie de Quilombo où l’on trouve depuis 20 ans livres et dvds sur le mouvement zapatiste, L’exposition « voix des montagnes » disait en image la vie et la lutte des companeros : regards brillants derrière les passe-montagnes, silhouettes dignes, murales qui racontent leur histoire. Dans le restaurant associatif des Marmites Volantes, le visiteur pouvait contempler différentes étapes de la Marche Couleur de la Terre : San cristobal, Nurio, xochimilco et la rencontre entre les commandants et les enfants de la compagnie de théâtre de Tamerentong , venus au df pour jouer « Zorro el Zapato »

Ces expos ont permis à beaucoup de gens qui ne connaissait pas le mouvement zapatiste de le rencontrer : parmi eux, certains sont venus assister au reste de la semaine de solidarité. Ca a été l’occasion de parler à chacun du mouvement. L’exposition sur l’école autonome et l’escuelita a commencé ainsi à voyager dans plusieurs régions de France où des groupes l’exposent pour accompagner des débats et des projections de films de Promedios destinés à faire connaître la lutte des zapatistes.

Le mercredi 15 janvier à l’appel de la librairie Quilombo une bonne soixantaine de personnes sont venues au CICP écouter David Doillon et Guillaume Goutte qui présentaient les livres - dont ils sont chacun éditeurs - consacré aux mouvements libertaire mexicain des débuts pour le premier et publiant des lettres du sous-commandant Marcos pour le second. Le débat qui s’en est suivi a entre autre porté sur les modalités d’organisation des zapatistes et sur certaines de leurs revendications, de la non-homogénéité des communautés à la place des femmes en passant par l’environnement. Beaucoup des présents ne connaissaient que peu les zapatistes. Le débat était passionnant, et qui aurait pu durer quelques heures de plus !

Le Jeudi 16 janvier, c’était la soirée cinéma , Terre pour Arauco, le Csia, Promedios France, De la plume à l’écran (association pour la diffusion des films amérindiens)et le CSPCL avaient organisé cette soirée pour donner la paroles aux zapatistes eux mêmes (à travers la projection de 2 films réalisés par les promoteurs de communication zapatistes et passer en revue quelques aspects fondamentaux du mouvement zapatiste : l’origine du mouvement et le problème de la Terre, Les lois révolutionnaires des femmes et enfin permettre aux spectateurs de comprendre comment se passait la vie dans les communautés ainsi que la relation entre militaires et bases d’appui : la salle était comble. Nous avons eu peu de temps pour débattre mais surtout insisté sur l’importance de la loi révolutionnaire des femmes et sur l’importance de faire sa propre information depuis l’intérieur, comme c’est le cas dans les films distribués par promedios et réalisés par les promoteurs de communication zapatistes. Le reste de la semaine a permis de montrer d’autres documentaires de Promedios touchant d’autres aspects du mouvement : l’école autonome, la défense du territoire, los murales…

Le vendredi 17 janvier une plaque a été inaugurée à l’entrée des locaux de la CNT, au 33 rue des Vignoles (dans le XXe) rappelant que ce lieu fut, en 1995, reconnu par un émissaire des zapatistes comme étant un des endroits comptant officiellement dans le soutien à leur rébellion. La plaque dit précisément ceci : « Le 1er janvier 1994, les communautés mayas zapatistes du Chiapas se soulèvent pour un monde plus juste. En 1995 le 33 rue des Vignoles a été officiellement déclaré Aguascalientes (zone zapatiste) par Amado AvendañoFigueroa, gouverneur en rébellion de l’État du Chiapas. Encore longtemps en ce lieu la solidarité internationale vivra ! » Le siège de la Confédération nationale du travail, lieu de luttes sociales et internationalistes, est toujours le lieu de réunion hebdomadaire du CSPCL. Menacé d’expulsion par la Mairie de Paris, ces locaux trouvent un écho particulier dans la Campagne mondiale pour la défense des terres et territoires indigènes et paysans autonomes du Chiapas, du Mexique et du monde et participent d’un territoire de lutte de l’est parisien.

Le samedi 18 Janvier, nous avons clôturé la semaine par une manifestation entre le Trocadéro (endroit très touristique de la capitale d’où l’on voit très bien la fameuse tour Eiffel) et l’ambassade du Mexique : Lecture d’extraits des derniers communiqués zapatistes sur la place du Trocadéro, puis défilés en cortège jusqu’à l’ambassade du Mexique / certains d’entre nous avaient mis un passe montagne en hommage aux companer@os zapatistes et rappeler à tous qu’ils étaient toujours là. Arrivés à l’ambassade, au milieu des banderoles qu’on peut voir sur les photos, une déclaration à propos des prisonniers et la déclaration ci jointe ont été lues.

« YA BASTA ! Il y a 20 ans, le 1° janvier 1994, n’était pas seulement le Premier de l’An au Mexique… mais aussi l’entrée en vigueur du traité de libre échange entre Etats-Unis, Canada, Mexique (ALENA), nouvelle étape de l’invasion du capitalisme.

Et c’est à ce moment-là que, dans le sud-est du Mexique, une autre invasion se produit : celle les indigènes zapatistes de l’état du Chiapas…Révolution inédite qui ne vise pas la prise du pouvoir, mais la prise en compte de ce qu’ils sont et de leurs droits : travail, terre, logement, alimentation, santé, éducation, indépendance, liberté, démocratie, justice et paix.

Aujourd’hui, 18 janvier 2014, nous manifestons pour exprimer notre solidarité avec les zapatistes, qui depuis tout ce temps et plus encore luttent contre le capitalisme et construisent leur autonomie et les bases d’un autre monde, faisant front pacifiquement mais fermement au gouvernement mexicain et aux différents avatars du capitalisme qu’ils ont concrètement rencontré sur leur route. Pendant toutes ces années, les zapatistes ont mise en place, cette autonomie au sens politique non seulement du point de vue de leur déclarations POLITIQUES mais aussi de tout ce qu’ils ont su construire de différents dans les aspects concrets de leur quotidien : communication, éducation, santé, justice, économie..., Si cette construction s’est faite pendant des années dans un relatif silence, les zapatistes se sont rappelés au monde le 21 décembre 2012, en mobilisant des dizaines de milliers des leurs pour marcher dans 5 grandes villes du chiapas, en silence. Pour déclarer, A qui de droit ! :

VOUS AVEZ ENTENDU ? C’est le bruit de votre monde qui s’écroule, C’est celui du nôtre qui resurgit. Le jour qui fut jour, était nuit, Et nuit sera le jour qui sera le jour. DÉMOCRATIE ! LIBERTÉ ! JUSTICE !"

Durant toutes ces années, de nombreuses voix, en France et dans le monde se sont levées pour leur exprimer une solidarité. Nous sommes ici pour la réaffirmer et dire que nous sommes toujours là. Nous dénonçons la répression, les injustices, et les agressions qu’ils subissent de la part de tous les niveaux du gouvernement. Les gens présents dans cette ambassade- tout comme tous ceux qui se taisent, nient leurs existence ou dénaturent leur luttes- en sont aussi responsables !

Nous sommes ici pour dire que nous partageons leur Ya basta. Nous aussi, nous voulons en finir avec le capitalisme. De ce train en marche, qui porte dans sa cargaison mort, désolation, oppression, désastre écologique et injustice, nous voulons descendre et nous sommes loin d’être les seuls ! Les luttes des mapuches, la lutte à notre dame des landes, les NO TAV en Val Susa, stuggart, la frontié, et toutes les luttes contre tous les projets inutiles sont là pour en témoigner !

Ici, nous nous reconnaissons dans la lutte des zapatistes. Nous aussi, nous voulons créer un monde qui contient beaucoup de mondes, des modèles de sociétés différents, dignes et respectueux de chacun, de la terre, de l’homme, pour la dignité. Ici et maintenant. Un monde d’où auront disparues les oppressions, les pouvoirs, l’armée, les corps paramilitaires, la police, le capitalisme... Un monde où la terre est à ceux qui la travaillent, ou le monde est à ceux qui le construisent, et pas à ceux qui contribuent à le détruire pour leur seul profit.

Comme disent les zapatistes "Ils n’ont pas besoin de nous pour échouer Nous n’avons pas besoin d’eux pour survivre"… ni pour construire.

Liberté pour les prisonniers,…

Destruction des prisons, fermeture des bases militaires, dissolution des armées, des corps paramilitaires et des Polices. Mort au capitalisme, aux oppressions, et à tous ceux que seul pouvoir puissance intéresse.  »

Dimanche, le collectif contreculture et le CSPCL ont organisé un grand concert pour clôturer la semaine et fêter en dansant ce 20eme anniversaire du soulèvement On joué les « Dicktracy Lords », les « Tulamort » et « René Binamé ».

Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte (CSPCL) Confédération Nationale du Travail (CNT)

Les organisateurs de la semaine :

Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte (CSPCL), Confédération Nationale du Travail (CNT), Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA-Nitassinan), Collectif des grains de sable, Compagnie Tamerantong, Tamazgha, ONG de défense des droits des Imazighen (Berbères), Liberté pour arauco, Fédération SUD éducation, Union syndicale Solidaires, Les Trois Passants (Libérons-Les !), Fédération Anarchiste

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