Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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ARMEE ZAPATISTE DE LIBERATION NATIONALE. MEXIQUE. Mai 2014.

Une réunion dans la Realidad zapatiste, il y a quelques jours. Sous-commandant insurgé Moisés

Juin 2014

jeudi 26 juin 2014

Pour : La Sexta au Mexique et dans le monde.

Compañeras y compañeros de la Sexta du Mexique et du monde. Frères et sœurs du Mexique et du monde.

Je vais vous parler d’une réunion qui a eu lieu dans La Realidad zapatiste il y a quelques jours :

Les compañeras et compañeros zapatistes de La Realidad disent que ce que veulent les trois différents niveaux des gouvernements capitalistes qui ont détruit leur école autonome, leur clinique autonome et le tuyau qui approvisionne en eau les compañeros et compañeras, ce qu’ils veulent c’est que la lutte zapatiste en finisse là.

Qu’elles et eux, ils n’oublient pas la destruction du premier Aguascalientes, et que les femmes et les hommes zapatistes en ont construit cinq de plus. Et qu’ils n’oublient pas non plus quand, en 1998, furent détruites les maisons toutes simples des autorités autonomes des Municipalités Autonomes Rebelles Zapatistes (MAREZ) dans la région « Tierra y Libertad » par cette croquette pour chiens de Roberto Albores, qui a détruit aussi la maison autonome du MAREZ de Ricardo Flores Magón, dans la zone du caracol de La Garrucha, au moment où il était gouverneur de ce pauvre Etat du Chiapas, pauvre à cause d’eux, les mauvais gouvernements.

Mais que les MAREZ continuent leur chemin, et qu’ils se sont renforcés depuis.

Qu’ils n’oublient pas que nous, les femmes et les hommes zapatistes, nous avons dit : avec ou sans la loi, nous allons mettre en place l’autonomie, et tout ce à quoi correspond les droits et la culture indigènes.

Qu’évidemment, tous les partis politiques du pouvoir législatif, du pouvoir exécutif et du pouvoir judiciaire nous ont envoyé dans l’impasse, pensant que de cette manière, la graine ne germerait pas. Mais à l’inverse, elle a pris force, et est présente aujourd’hui dans les actes et les pratiques de ces mêmes villages zapatistes. Peuple qui commande, gouvernement qui obéit.

Les compañeras et compañeros bases d’appui de l’EZLN de La Realidad disent qu’ils vont construire leur école avec le matériel que leur fournit la nature, et pareil pour leur clinique.

Et donc je leur dis aux compañeros de La Realidad, laissez-moi écrire aux compas de la Sexta du Mexique et du monde.

Pour que me comprennent, les compañeras et les compañeros, je leur ai dit : et qu’est-ce qu’il se passe si ils nous accusent de destruction de la nature pour avoir coupé des arbres, et des feuilles de palme pour le toit ? Les gouvernements capitalistes disent que eux ils les protègent.

Et à ce moment je me suis dit : - Mais pourquoi j’ai ouvert la bouche... ?

Et commence la liste des destructions d’arbres pour l’exploitation de bois qui ont la permission des gouverneurs capitalistes du Chiapas et du Mexique. Des exploitations de bois pirates, disent les compas, mais légales pour les gouvernements, vu que c’est eux-mêmes.

Ceux qui achètent en gros, c’est-à-dire par troncs, disent-ils, c’est un certain « Salomón », de Las Margaritas. Ils le revend en tables, en planches, en poutres. Ceux qui leur vendent le bois, c’est ceux de l’ejido Momón, de San Francisco, de Vicente Guerrero, de La Victoria, de Pachán, de l’Ejido Tabasco, des ejidos qui sont tous situés dans la municipalité de Las Margaritas. Et aussi ceux de San Miguel, municipalité de Ocosingo, et de Carmen Pataté, aussi à Ocosingo, et il y en a d’autres encore, dans tout le Chiapas.

Pour trouver le truc pour calmer la discussion qui s’était engendré sur « on s’en fiche que les gouvernements capitalistes nous accusent de détruire la nature », je leur dit aux compañeras et aux compañeros qu’on en reste là, que je leur écrit aux compas de la Sexta du Mexique et du monde, et que pourquoi pas ils s’organisent et qu’ils rassemblent un peu d’argent, et que comme ça on puisse acheter des matériaux.

Et les bases d’appui me répondent qu’en vérité ça règle rien : c’est bien, compañero, écris leur et on va attendre, et voir ce qu’ils peuvent rassembler les compañeros.

Et je leur dis :

-  Il y a besoin de combien d’argent pour les constructions ?
-  Waou ! ça franchement on n’en sait rien !

Un autre répond :

- Ah, amenez une calculette, et on le calcule tout de suite.

Et arrive la calculette. Commence la mathématique, et le compa nous dit :

- AAhhhh……… ! Elle a plus de piles cette porcherie !

Et pendant ce temps, je vois un vieillard, et j’entends qu’il compte à voix basse :

- Une quart, et un geme -, en remuant les doigts des deux mains, en train de faire les comptes.

Et il tourne son regard vers moi :

- Ca y’est, compa.
- Quoi !?, je lui répond.
- Ca y’est, le compte est fait. Pour une maison à deux niveaux de 19 mètres sur 7 de large, ça veut dire 19×7, il y a besoin : de 2000 parpaings, de 50 tiges métalliques de taille moyenne, 400 de 3 pouces, 60 sacs de chaux hydraulique, 520 de ciment, 100 kilos de câble métallique, 400 de fil, et 84 plaques de tôle galvanisées de trois mètres de long.

Un compa nous interrompt et nous dit : pourquoi on donne pas juste le total du budget des constructions des deux étages ?

- D’accord – dit l’un

Et un déluge de voix : « Accordé ! »

Au total il y en a pour deux cent mille deux cent neuf 200 209 pesos.

Donc le rez-de-chaussée, c’est pour l’école des enfants, et en haut, pour la clinique.

C’est mieux par rapport au terrain.

C’est juste la construction. Il manque les matériels de santé, thermomètre, baumanomètre, otoscope, etc etc… et il manque les médicaments. La reunión se termine.

Donc c’est ce que j’ai discuté avec eux, compas de la Sexta. Par chez vous vous voyez ça, si ça serait possible de trouver cet argent.

Depuis les montagnes du sud-est mexicain. Sous-commandant insurgé Moisés. Mexique, juin 2014. A l’an 20 de la guerre contre l’oubli.

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