Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

Accueil > Communiqués et déclarations de l’EZLN > VOLANTEM EST ALIO MODO GRADIENDI ( Qu’est-ce qu’on espère ? )

VOLANTEM EST ALIO MODO GRADIENDI ( Qu’est-ce qu’on espère ? )

lundi 12 juillet 2021, par cspcl

N’importe quel jour, n’importe quel mois de n’importe quelle année.

Sécheresses. Inondations. Séismes. Éruptions. Pollution. Pandémies actuelles et futures. Assassinats de dirigeants de peuples originels, de défenseurs des droits humains, de gardiens de la Terre. Violence de genre qui va jusqu’au génocide contre les femmes – le suicide imbécile de l’humanité -. Racisme souvent souvent à peine dissimulé derrière l’aumône. Criminalisation et persécution de la différence. La condamnation irrémédiable de la disparition forcée. Répression en réponse à des demandes légitimes. Exploitation du plus grand nombre par le plus petit. Grands projets de destruction de territoires. Villages dépeuplés. Déplacés par millions, occultés sous le terme de « migration ». Espèces en danger d’extinction ou déjà plus qu’un nom dans le dossier des « animaux préhistoriques ». Profits gigantesques des plus riches parmi les riches de la planète. Misère extrême des plus pauvres parmi les indigents du monde. La tyrannie de l’argent. La réalité virtuelle comme fausse sortie face à la réalité réelle. États-Nations à l’agonie. Chaque individu un étrange ennemi. Le mensonge comme programme de gouvernement. Le frivole et le superficiel comme idéaux à atteindre. Le cynisme comme nouvelle religion. La mort au quotidien. La guerre. Toujours la guerre.

La tempête ravage tout, en murmurant, conseillant et criant :

Rends-toi !

Rends-toi !

Rends-toi !

Et pourtant…

Là-bas, près et loin de nos terres et de nos cieux, il y a quelqu’un. Une femme, un homme, un.e autre, un groupe, un collectif, une organisation, un mouvement, un peuple originel, un quartier, une rue, un village, une maison, une chambre. Dans le recoin le plus petit, le plus oublié, le plus lointain, il y a quelqu’un qui dit » NON ». Qui le dit tout bas, qu’on entend à peine, qui le crie, qui en vit et en meure. Et se rebelle et résiste. Quelqu’un. Il faut le chercher. Il faut le trouver. Il faut l’écouter. Il faut apprendre de lui.

Même si nous devons voler pour l’étreindre.

Car, après tout, voler, c’est seulement une autre façon de marcher. Et, bon, marcher est notre façon de lutter, de vivre.

Alors, dans la Traversée pour la Vie, qu’espérons-nous ? Nous espérons voir votre cœur à vous. Nous espérons qu’il ne soit pas trop tard. Nous espérons… tout.

J’en témoigne.

SupGaléano.
Planète Terre… ou ce qu’il en reste.

« On lâche rien » en français, en espagnol, en catalan, en basque, en galicien. Interprétée par : HK et les SALTIMBANKS avec LA PULQUERIA, TXARANGO, LA TROBA KUNG-FÙ, FERMIN MUGURUZA et DAKIDARRIA.