Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

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France/Mexique : face à DANONE, défendre l’eau comme bien commun

dimanche 5 septembre 2021

DANONE DEGAGE !

Message vidéo depuis le Mexique en solidarité avec le combat mené à Volvic contre le saccage des nappes phréatiques par la multinationale française Danone

Lettre de soutien du collectif Eau Bien Commun 63, en lutte contre l’assèchement par DANONE de la nappe phréatique de VOLVIC (Haute-Loire), adressée aux Pueblos Unidos por la Vida en lutte contre l’usine d’embouteillage d’eau DANONE-BONAFONT au Mexique


Clermont-Ferrand, lundi 21 juin 2021,

Le collectif Eau Bien Commun 63 apporte tout son soutien au collectif villageois mexicain dans sa lutte contre l’usine d’embouteillage d’eau BONNAFONT du groupe DANONE, du fait de prélèvements excessifs au détriment de l’accés à l’eau pour les populations locales et leurs cultures vivrières. Depuis deux années, le collectif Eau Bien Commun 63, constitué de 10 associations citoyennes et environnementales, ainsi que d’un syndicat agricole, dénonce une situation analogue sur le département français du Puy-De-Dôme ou est implantée une usine d’embouteillage d’eau appartenant aussi au groupe DANONE : la SOCIETE des EAUX de VOLVIC.

Depuis le rachat par le groupe DANONE de cette usine, les prélévements d’eau ont été augmentés de 90% dans la nappe souterraine de VOLVIC, conduisant à la diminution du débit des cours d’eau situés en aval de cette nappe, avec comme conséquences :

- tout d’abord la disparition de plus de 3 500 hectares de cultures vivrières situés le long de ses cours d’eau en aval,

- ensuite en 2017, la fermeture par manque d’eau de la plus vieille pisciculture d’Europe et classée aux Monuments Historiques, qui était jusqu’alors alimentée naturellement par les sources aval de la nappede VOLVIC,

- et aujourd’hui, la limitation des permis de construire de maisons individuelles autour de VOLVIC du fait de réelles incertitudes sur la possibilité d’assurer l’alimentation en eau pour l’ensemble de lapopulation.

Le collectif Eau Bien Commun 63 demande depuis le début de sa lutte que la Préfecture, représentant de l’Etat français dans le département du Puy-De-Dôme, qui attribue les droits de forage et de prélèvements d’eau, applique la loi française. En effet le Code de l’Environnement prévoit trés clairement qu’en cas de limitation de la ressource en eau, les usages prioritaires de l’eau vont en priorité à la population et à la préservation des milieux naturels. Tous les autres usages, dont industriels et commerciaux, sont secondaires et doivent donc passer aprés l’alimentation en eau de la population etdes milieux naturels, à la condition que la ressource soit suffisante. La Préfecture du Puy-De-Dôme, refusant jusqu’à aujourd’hui d’appliquer les usages prioritaires de l’eau tels que prévus par le Code de l’Environnement, nous sommes désormais déterminés à aller devant le tribunal administratif pour imposer à la Préfecture l’application de la loi française aux autorisations de prélèvements qu’elle attribue à la SOCIETE DES EAUX DE VOLVIC du groupe DANONE.

La similitude des luttes menées au MEXIQUE et ici en FRANCE, montre que la prédation des sociétés et capitalistes mondiaux, tel que le groupe DANONE, est sans limite sur les ressources naturelles pourtant limitées de la Terre ! Cette prédation illimitée n’hésite jamais à tirer un profit financier maximal de son exploitation de nos biens communs eau, sol et sous sol, quitte à empêcher de vivre les populations dans une mort sociale ou physique bien réelle, quelque soit le nombre de victimes !Seule notre détermination collective et solidaire, aujourd’hui établie entre le MEXIQUE et la FRANCE pourra venir à bout de la logique de prédation d’un groupe multinational tel que DANONE.

No pasaran !

Amitiés militantes de l’ensemble des membres du collectif Eau Bien Commun 63

COLLECTIF EAU BIEN COMMUN 63 CONSTITUE DE : ALTERNATIBA 63, ANV-COP 21 63, ATTAC 63, CONFEDERATION PAYSANNE 63, FNE 63, Fédération De la Pêche et de la Protection des Milieux Aquatiques 63, GROUPE EAU PUY-DE-DOME,PUY-DE-DOME NATURE ENVIRONNEMENT, SOS LOIRE VIVANTE et UFC QUE CHOISIR 63.

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DEPUIS LA FRANCE, NOUS DENONÇONS DANONE ET LE PILLAGE DES RÉSERVES D’EAU

Aux villages unis pour la vie de la municipalité de Juan C. Bonilla, Puebla et ses environs.
A la Sexta du Mexique et du monde entier
A l’EZLN, au Congrès National Indigène et à son Conseil Indigène de Gouvernement.
Aux médias

Depuis la France, nous dénonçons avec force le pillage des réserves d’eau opéré par la transnationale française DANONE, qui dans notre pays, au Mexique et dans de nombreuses autres régions du monde, s’approprie les nappes aquifères pour embouteiller le précieux liquide dans des bouteilles en plastique, le transporter partout et le vendre dans les magasins et supermarchés, sans se soucier des conséquences, et au prix d’une énorme pollution environnementale.

Au Mexique, nous voyons avec inquiétude comment DANONE, à travers sa marque BONAFONT, pille les sources et les ressources en eau qui proviennent des sources des volcans Popocatepetl et Iztaccihuatl, ce qui semble avoir provoqué un impressionnant affaissement de terrain il y a quelques semaines et l’apparition d’un gigantesque gouffre dans la communauté de Zacatepec, dans la région de Puebla.

En effet, cela fait des mois et des mois que les paysans indigènes des communautés de la municipalité de Juan C. Bonilla et des environs dénoncent l’assèchement total de leurs puits, les obligeant à acheter des citernes d’eau. En réaction, depuis le 11 mars (Journée internationale de l’eau), ils ont décidé, par accord des villages, de fermer l’usine d’embouteillage. Depuis la France, nous sommes totalement solidaires de leur combat et nous voulons faire savoir que tandis que la classe supérieure de notre pays mise sur le pillage de la nature, nous en bas et à gauche, nous les remercions pour leur rébellion et voulons leur rejoindre dans la résistance à la spoliation.

Et si nous voulons vous rejoindre compas, c’est que la même chose se déroule en France : dans le village de Volvic par exemple, au centre de notre pays, les mobilisations ne s’arrêtent pas pour dénoncer la surexploitation des nappes phréatiques par la société DANONE, qui y possède une gigantesque usine d’embouteillage. Comme le dit une association locale : "Le niveau d’extraction autorisé pour Danone est tel que la nappe phréatique s’abaisse et donc que les rivières s’assèchent, de sorte que d’ici 2025, toutes les sources seront à sec. À Marsat, il n’y aura plus de cascade dans la rue des Cascades. Nous sommes dans un écocide programmé et tout cela se passe dans un silence total".

Et la même chose se passe dans le village de VITTEL dans le nord-est du pays (aquifères exploités par NESTLE) et dans bien d’autres endroits, ce qui pousse de nombreuses personnes en France à lutter contre la gigantesque privatisation de l’eau dans notre pays, afin que ce liquide vital devienne un bien commun et non une source de spéculation et de profit.

Depuis nos tranchées, nous ferons de notre mieux pour diffuser et rejoindre votre combat !

Depuis la France

Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte (Paris, France).