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Lettre d’Europa zapatista à la date du 29 avril 2025
jeudi 1er mai 2025, par
En réponse à la demande de solidarité du CNI mais aussi du Frayba, vous trouverez la lettre de réponse d’Europa zapatista.
Le CSPCL se joint à cette solidarité et s’est porté signataire de la demande de libération des compañeros tsotsiles José Baldemar Sántiz Sántiz et Andrés Manuel Sántiz Gómez, arrêtés ce 24 avril dans des circonstances documentées par le CDH Frayba.
Au Congrès national indigène,
À l’EZLN,
Aux médias alternatifs, libres et/ou autonomes,
Aux médias officiels,
Aux organisations de droits humains aux niveaux national et
international,
Une fois de plus, nous prenons connaissance du fait, dans l’Europe qui
ne se rend pas, qu’au Mexique, on assassine, que les droits humains
continuent d’être violés, qu’on séquestre et qu’on fait disparaître
celles et ceux qui cherchent la vie, celles et ceux qui luttent pour
défendre l’environnement et le territoire.
Marco Antonio Suástegui, leader historique du Conseil des éjidos et des
communautés opposés au barrage de La Parota, est décédé le 25 avril
après 7 jours de convalescence suite à l’attaque armée dont il a été
victime le 18 avril, alors qu’il terminait son travail dans la baie
d’Acapulco, dans l’État du Guerrero. Marco Antonio était censé
bénéficier de la protection de la Commission interaméricaine des droits
de l’homme (CIDH), que le Mexique ne lui a toutefois jamais assurée. Au
moment de l’attaque, Marco Antonio était seul.
María del Carmen Morales, membre du collectif Guerreros Buscadores du
Jalisco, et son fils de 26 ans, Jaime Daniel Ramírez Morales, ont été
assassinés dans la nuit du mercredi 23 avril dans le parc de la cité
"Las Villas", à Guadalajara, dans l’État du Jalisco. Quelques heures
plus tôt, plusieurs communautés indigènes du Michoacán avaient dénoncé
des actes violents de la part du groupe criminel Cartel Jalisco Nueva
Generación (CJNG). Le gouvernement local a minimisé les faits violents,
niant même la violence à l’encontre des défenseur•es, des mères
chercheuses et des communautés autonomes.
Ce ne sont là que quelques exemples de la longue liste des victimes
d’une violence qui s’accroît de jour en jour. Assassinats, disparitions
forcées, attaques armées contre la population. L’État mexicain nie et
occulte la réalité. Il fait partie du problème en ne reconnaissant pas
la crise des droits humains que traverse le pays et en facilitant même
le déploiement des groupes armés dans diverses régions du pays. Il y a à
peine quelques semaines, le Sénat mexicain et la présidente ont lancé
une campagne de haine contre celles et ceux qui dénoncent la complicité
du gouvernement dans la crise des disparitions forcées dans le pays. À
ce jour, au moins 127 000 personnes sont portées disparues dans tout le
pays, dont des milliers de migrants d’Amérique centrale et des Caraïbes
lors de leur passage vers les États-Unis.
Comme l’a dénoncé et documenté le Centre des Droits Humains Fray
Bartolomé de las Casas, le 24 avril, des membres de la Garde Nationale,
de l’Armée Mexicaine, des Forces de Réaction Immédiate, du groupe Pakal,
de l’Agence Ministérielle d’Investigation et d’Intelligence, de la
Police Préventive de l’Etat, du Ministère de la Sécurité et de la
Protection du Citoyen du Gouvernement Fédéral, accompagnés de deux
véhicules avec des civils armés, ont effectué des perquisitions sans
mandat aux domiciles de familles des Bases d’appui zapatistes dans la
zone du Caracol 2 d’Oventik, au Chiapas. Les compañeros tsotsiles José
Baldemar Sántiz Sántiz et Andrés Manuel Sántiz Gómez, âgés
respectivement de 45 et 21 ans, ont été arrêtés de manière violente. On
n’a pas su où ils se trouvaient pendant 55 heures et les autorités n’ont
fourni aucune information à ce sujet à leurs proches, à leurs
représentants légaux ou à la société. Les compañeros ont été mis à
disposition de la Justice de contrôle et du Tribunal de première
instance de San Cristóbal de Las Casas sans que la raison de leur
détention ni les détails des 55 heures pendant lesquelles ils ont été
portés disparus ne soient clarifiés.
L’attaque contre les bases de soutien zapatistes survient une semaine
après la Rencontre d’art, de rébellion et de résistance convoquée par
l’EZLN, où le sous-commandant Moisés a dénoncé les menaces constantes
contre le Cideci et le Caracol 7 Jacinto Canek de la part de la Garde
Nationale et du groupe Pakal, une force de police spéciale récemment
créée par le nouveau gouverneur du Chiapas.
Au lieu de menacer les initiatives d’autogestion et d’autonomie ainsi
que celles et ceux qui cherchent à construire un monde différent de
l’oppression capitaliste, les autorités devraient garantir l’exercice
des droits des communautés zapatistes, l’accès à la justice pour les
défenseur•es des droits et les mères chercheuses ainsi que la
non-répétition des crimes tels que les disparitions forcées, les
assassinats pour raisons politiques et la répression. Mais ces mêmes
autorités font partie de la cause de ces problèmes.
Au Mexique, il y a une guerre qui a commencé dans les années 60, une
guerre sale contre la population, contre celles et ceux qui résistent,
contre les mouvements sociaux, indigènes et paysans, contre les femmes,
contre lxs dissidentxs sexuelxs, contre les migrantes et les migrants.
Le récit qui cherche à absoudre l’État narco-démocratique ne tient plus,
le Mexique est un État criminel ! Au Mexique, une guerre non déclarée
est menée par les économies légales et illégales et par l’État dans le
but de contrôler le territoire afin de spéculer sur la vie, la terre et
les biens communs. Les meurtres de Marco Antonio Suástegui et de María
del Carmen Morales n’en sont qu’une preuve supplémentaire.
Nous appelons toutes les personnes solidaires, les adhérents et
adhérentes à la Sexta et à la Déclaration pour la vie à signer la
dénonciation du Frayba pour la libération de José Baldemar Sántiz Sántiz
et d’Andrés Manuel Sántiz Gómez :
https://frayba.org.mx/actualizacion-fuerzas-de-seguridad-y-militares-desaparecen-2-bases-de-apoyo-zapatistas
Depuis l’Europe rebelle qui ne se rend pas, nous dénonçons la violence à
l’encontre des peuples originaires et de la population civile au Mexique !
Stop à la guerre au Mexique !
Stop à la guerre contre les mouvements sociaux et les communautés en
résistance !
Stop à la guerre contre l’EZLN !
Le Mexique n’est pas un territoire de conquête, ce n’est pas un butin à
partager !
Signatures :
Centro de Documentación sobre Zapatismo -CEDOZ- Madrid, État espagnol
Confederación General del Trabajo (CGT) – ESP
UNIONE SINDACALE ITALIANA USI 1912 – Italie
USICONS aps – Italie
20zln – Italie
Caracoleras de Olba
Assemblea de Solidaritat amb Mèxic del País Valencià
Batec Zapatista Barcelone
Siciliezapatiste – Italie
Ya Basta Edibese – Italie
Cooperazione Rebelde Napoli – Italie
Sicilia sud Globale e Terra Insumisa Alcamo
YaBasta ! Reggio Emilia
Comitato Chiapas "Maribel" – Bergamo
Mut Vitz 13
Unión sindical Solidaires – France
Associazione Ya Basta ! Milan
CSA Intifada/Comunità in Resistenza Empoli
Casetta Rossa (spazio pubblico per l’autogoverno Roma)
Cal Cases, Catalunya
Y Retiemble Madrid
Colectivo Armadillo Suomi – Finlande
Lumaltik Herriak - País Vasco,
El Grupo de Chiapas, LAG Noruega
Asamblea Libertaria Autoorganizada Paliacate Zapatista, Grèce
Payaso en Rebeldias
Mujeres y Disidencias de la Sexta en la Otra Europa y Abya Yala
Nodo Solidale (Mexique/Italie)
CSOA Gabrio – Torino
Café Libertad Kollektiv, Hamburgo, Allemagne
Colectivo Zapatista de Lugano, Suisse
Cafe Libertad Kollektiv, Allemagne
Cafez, Belgique
London Mexico Solidarity
Cafè Rebeldía-Infoespai, Barcelone-Catalogne
Casa delle Donne Lucha y Siesta – Italie
Mexicogruppen, Foro Internacional de Dinamarca
Frankfurt International, Allemagne
CSPCL, France
Zapatista Solidarity Network (UK)
Txiapasekin
Comitato piazza Carlo Giuliani odv
Silbo Zapatista, Iles Canaries
Colectivo Calendario zapatista, Grèce
Voir en ligne : Pétition
Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
