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Derniers jours "souscription café 2026"

mercredi 4 février 2026, par Anita

Bonjour à toutes et tous,

Avant toute chose, nous vous informons que nous avons changé de compte en banque. Merci de bien le prendre en compte pour tout virement. Vous pouvez demander le nouveau RIB par mail cafesolidaire@riseup.net

Voici donc la nouvelle souscription 2026 qui se terminera fin février 2026 !

Nous vous joignons déjà le bilan financier de l’année 2024/2025. Comme vous le verrez, les bénéfices ont très nettement augmenté par rapport à l’an dernier.

A cela deux raisons :
 Les souscriptions ont été plus nombreuses cette année. plus de 25000 paquets en équivalents 250gr vendus en plus

 L’euro a de nouveau augmenté cette année face au peso mexicain. Ainsi, un sac qui nous revenait 575 euros l’an dernier ne nous a coûté que 525 euros cette année. Alors que pourtant dans le même temps nous avons augmenté le prix payé aux coopératives à 160 pesos le kilo de café (au lieu de 150)


Nous prévoyons d’envoyer une grande partie de ces bénéfices, comme cela a été le cas pour les bénéfices 2024 sur un des projets emblématiques actuellement du développement de l’autonomie zapatiste : la construction de blocs chirurgicaux dans la forêt Lacandone.
L’envoi s’est fait cette année via l’association Enlace Civil de San Cristobal de las Casas et cela sera encore le cas cette année.
Nous mettons ici le lien du communiqué zapatiste annonçant ce projet :
https://enlacezapatista.ezln.org.mx/2025/06/29/le-commun-sur-le-flanc-dune-montagne-un-bloc-operatoire-dans-la-foret-lacandona/

Il a été relayé par un certain nombre d’organisations en Europe

Quelques informations pratiques pour la souscription 2025/ 2026

Le prix payé aux coopératives va de nouveau augmenter, à leur demande pour passer à 170 pesos le kilo. Cette augmentation de 10 pesos le kilo de café exporté revient environ à 12 centimes d’euros sur un paquet de 250gr torréfié. Nous avons donc décidé d’augmenter de 10 centimes le prix du paquet de 250gr torréfié pour compenser cette augmentation. (aussi pour anticiper une éventuelle baisse de l’euro, ou pas, mais en tout cas 

Le prix du paquet sera donc de 4,3 euros pour 250 gr, 8,6 euros pour 500 gr et 86 euros pour 5 kg qu’il s’agisse de moulu ou de grains.
La souscription se terminera fin février 2026. Et nous insistons tout particulièrement sur ce point parce que cela permet aux producteurs zapatistes d’avoir le prépaiement dès février, alors même qu’ils ont en partie déjà récoltés.

Nous sommes bien conscients que pour vous qui souscrivez, cela fait un long délai entre le moment de la souscription et la réception du café. Mais il faut prendre en compte le fait que les producteurs zapatistes ont déjà commencé les premières récoltes et donc remis le café à la coopérative sans recevoir l’intégralité du paiement, ce qui leur demande un effort financier considérable. Les « coyotes », acheteurs des multinationales, leur proposent à cette même période de l’acheter sur le champ ! (à un prix bien inférieur mais leur évitant - outre l’organisation du transport de leur café jusqu’à la maquilacion - les risques du voyage jusqu’au port de Veracruz, devenu de plus en plus périlleux dans ce pays où la délinquance organisée est toujours plus active).
Dans ce contexte, il nous semble essentiel de les soutenir en les payant le plus tôt possible.
Pour ceux qui le souhaitent, il sera possible d’envoyer une partie du prépaiement maintenant et le solde à la réception du café. Nous tenons compte des difficultés des un.e.s et des autres ; et jusque là cela a toujours bien fonctionné.
Par ailleurs, comme les années passées, nous vous demandons autant que possible de commander le café par multiple de 10 afin de nous faciliter la tâche tant sur le plan comptable que sur celui de la manutention.

Et pour finir, nous attirons votre attention sur la situation encore plus tendue à laquelle font face non seulement les communautés indigènes du Chiapas mais celles de tout le Pays.

Le narco-trafic intensifie ses attaques contre les communautés indigènes du Chiapas et plus généralement du Mexique, avec la complicité du gouvernement qui laisse faire et même soutient ! 
Outre les assassinats ciblés, une de ses tactiques de guerre consiste à déloger les communautés indigènes de leurs terres . C’est ainsi qu’au Chiapas, en septembre dernier, les habitants d’une communauté Zapatiste , Belen, caracol dolores hidalgo, ont été délogés par des paramilitaires, présentant des papiers officiels de propriétés délivrés par le gouvernement pour des terres récupérées en 94 et octroyées officiellement aux zapatistes à ce moment-là . Leurs maisons, comme tout ce qu’ils possédaient ont été brulées ( voir l’article « dénonciation » , du site du CSPCL, 
 https://cspcl.ouvaton.org/spip.php?article1733)

En novembre, au Guerrero, un groupe de narcos a attaqué pendant plusieurs heures des représentants indigènes et des policiers communautaires qui se rendaient à une réunion (ils étaient respectivement membres du CIPOG-EZ et de la CRAC-PC-PF,)
3 policiers sont morts et il y a eu 7 blessés graves  (Voir le communiqué conjoint CNI , EZLN à propos des violentes attaques,

chttps://cspcl.ouvaton.org/spip.php?article1750)

Face à cette situation très grave, les zapatistes valorisent et proposent à tous - nous, compris- de construire ensemble , le « commun » 

 
C’est ainsi que Moises, au mois de d’octobre a salué dans un communiqué les occupants de la Casa Samir Flores Soberanes, exprimant l’admiration des zapatistes pour leur construction du « commun » ( La casa Samir flores est un lieu qui a été récupéré dans la ville de Mexico, essentiellement par des femmes Otomies qui dénonçaient l’impunité autour de l’assassinat de Samir Flores ; Depuis, le lieu est occupé et il s’est transformé en une sorte de caracol en résistance, accueillant toutes et tous, de partout ) 
« Le « commun » est quelque chose à construire ensemble , sans recette ni manuel (…) une nouvelle forme de relation entre nous (…)une meilleure forme pour affronter la tourmente »(…)
 « parler de respect, d’appui, de solidarité, c’est parler dans le vide si ça ne se démontre pas dans les pratiques réelles de chacun »
 
( Moises, extraits du communiqué en espagnol :
https://enlacezapatista.ezln.org.mx/2025/10/12/saludo-a-casa-samir-flores-soberanes/ )



Les compas ne se laissent pas faire et leur dernière initiative, en faveur du « commun » et pour faire face à la violence des narcos est une invitation, adressée à nous tous pour se rendre cet hiver au Chiapas  et participer à une rencontre intitulée « Semencier pour célébrer les résistances et rébellions du monde »

Nous sommes tous invités !
Voici l ‘adresse pour s’inscrire  : semillerodiciembre2025@gmail.com



Vous pouvez consulter l’invitation en entier sur le site du comité :
https://cspcl.ouvaton.org/spip.php?article1753


Enfin Le CNI et l’EZLN , devant l’inaction totale des autorités ont fait appel à la solidarité du « commun » , en soutien aux communautés indigènes de la Sierra Nord de Veracruz, totalement détruites par les pluies torrentielles qui ont dévastée la région, en Octobre . Outre les morts, lLes gens manquant de tout, en particulier de médicaments et de nourriture.
 (Voir site du cspcl : https://cspcl.ouvaton.org/spip.php?article1739)


Solidairement,
L’équipe d’Echanges Solidaires

N.B.
Le temps a passé après ce premier envoi aux souscripteurs,
nous avons reçu un communiqué , intitulé Un toit en commun qui rend compte de l’avancée de la construction de la clinique que nous avons contribuée à financer, grâce aux bénéfices de l’an dernier , nous avons pensé qu’il était important de vous le communiquer

voici le lien vers ce communiqué
https://enlacezapatista.ezln.org.mx/2025/11/26/un-techo-comun/

ci-dessous, la traduction

UN TOIT COMMUN.

Une construction au cœur des montagnes. Une vocation pour la santé. Une technique de maçonnerie. Des milliers de mains et de volontés, et même quelques-unes de par-delà les mers. Des couleurs, des tailles, des langues, des cultures et des manières différentes, et un toit commun.

Le coulage doit se faire d’un seul coup. On ne peut pas le faire partie par partie sinon le toit est mal fait. Donc c’est là qu’il faut être nombreux, mais organisés. Le coulage d’un toit, c’est comme une danse : chacun sait où il doit être, ce qu’il doit faire et avec qui. S’il pleut, là oui, c’est mort. Donc il faut demander à ceux qui savent vraiment, être attentifs, être prêts. Donc là, on dit « tel jour », la plèbe se rassemble et on répartit le travail. On fait ça tôt le matin parce qu’après on ne peut plus tenir sous la chaleur et on finit comme des cafards fumigés. Après, quand on a fini, on rigole et on partage un pozol. Au repas, il y a eu du bœuf qu’on a englouti ensemble. Dehors ce n’est pas la fête, mais dans le cœur si. « Il est à nous », pensons-nous. Et nous savons qu’il est à tout le monde et à personne. Un bloc opératoire, ça veut dire un lieu où ceux qui savent manier le couteau t’enlèvent le mal comme s’ils t’enlevaient une mauvaise pensée. C’est long et ça te laisse un peu en vrac, mais c’est comme ça la vie : c’est long et ça te laisse un peu en vrac aussi, mais il y a des moments où le coulage est finalement fait. Et dehors ce n’est pas la fête, mais dans le cœur si. La construction, c’est comme la lutte, tu la fais parce que, de toutes façons, tu vas en avoir besoin un jour. Toi ou les tiens, et ce n’est pas pour dire qu’ils sont ta propriété mais ça veut dire que c’est ta famille, les proches, les compas quoi.

Oui, il manque la venue de quelqu’un qui s’y connaît en électricité, parce qu’il va y avoir de sacrés appareils, et pas n’importe lesquels. Que si c’est du monophasé, du biphasé, du triphasé et que la prise de terre, et je ne sais quoi d’autre encore. La terre, on l’a oui, mais il faut s’y connaître dans ce truc de l’électricité parce que sinon, les appareils se cassent et puis tout ça en vain. C’est comme si lors d’une danse la musique s’éteignait, eh bien la cumbia reste en suspens. Imagine qu’on est en train de t’opérer le bide et qu’il y a une coupure d’électricité et toi tu restes avec les tripes qui pendent comme un vieux paliacate. C’est pour ça que ce qui suit, c’est l’électricien. Encore faut-il trouver quelqu’un qui soit disposé au commun. Les électriciens aussi tombent malades ? Ils tombent malades, et ils en ont besoin aussi. Donc il manque ça. Et les fenêtres et les portes, parce que ça ne doit pas être n’importe quelle fenêtre ni n’importe quelle porte. Des docteures et des docteurs ? Il y a déjà comme qui dirait une équipe mais c’est sûr qu’il y en viendra encore plus. Parce que si tu as un couteau, une machette, une tronçonneuse, une perceuse mais qu’il n’y a personne pour t’ouvrir le ventre, eh bien c’est en vain, comme on dit ici. Et il y a déjà quelques docteurs qui sont venus voir. Moi je ne me suis pas montré parce qu’imagine si le docteur me voit et qu’il veut déjà commencer à pratiquer. Et après, eh bien il n’y a pas l’électricité spéciale. C’est mieux que j’attende. Mais le toit, il est fait.

Oui, il manque encore beaucoup de choses, mais il y a déjà un toit et un toit c’est important pour la vie. C’est pour ça que les dieux ont fait le ciel, pour que le monde ait son toit quoi.

Oui, il manque ce qu’il manque.

En espérant qu’il y ait des tamales. Oui, et en espérant qu’ils ne soient pas crus.

Depuis les montagnes du Sud-est mexicain.
Le Capitaine,
Novembre 2025.

Nous vous invitons aussi à cliquer sur le lien ci-dessous qui vous permettra de visionner une video qui vous aidera à saisir l’enjeu et le contexte de cette histoire