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Paris : Manifestation de soutien pour la libération de Jesús Plácido Galindo et l’arrêt des attaques contre le Conseil Indigène et Populaire du Guerrero - Emiliano Zapata (CIPOG-EZ)

mercredi 29 juillet 2026, par Kurt

Dans la cadre de la campagne globale pour la libération de Jesús Plácido Galindo et l’arrêt des attaques contre le Conseil Indigène et Populaire du Guerrero - Emiliano Zapata (CIPOG-EZ),

Ce jeudi 23 juillet 2026, nous nous sommes réuni•es devant le Consulat du Mexique à Paris avec Carlos Beas Torres, délégué de l’Union des communautés indigènes de la zone nord de l’Isthme (UCIZONI) et du Congrès National Indigène (CNI), pour exiger la libération immédiate et sans condition du prisonnier politique Jesus Plácido Galindo et l’arrêt définitif des attaques contre les communautés du CIPOG-EZ et les peuples originaires au Mexique.

Jesús Plácido Galindo, défenseur du territoire et de la vie, est porte-parole et membre fondateur du CIPOG-EZ, une organisation de résistance dans l’Etat du Guerrero chargée de promouvoir le développement interne des communautés qui lui sont rattachées. Il est aussi membre de la commission de suivi et de coordination du CNI. Ces dernières années, il a été victime de nombreuses attaques et tentatives d’assassinats en raison de ses activités de défense du territoire et des communautés originaires du Guerrero.

Depuis 2021, Jesús Plácido Galindo bénéficie du « Mécanisme de protection des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes » mis en place par le ministère fédéral de l’Intérieur.

Le 17 juillet 2026 à 14h30, heure de Mexico, Jesús Plácido Galindo a été interpellé à un poste de contrôle routier, marqué par le déploiement inhabituel de plusieurs dizaines d’agents de différentes unités policières et militaires. Lors de son arrestation, ses garanties procédurales n’ont pas été respectées et les forces de « sécurité » ont détruit le bouton d’alerte qui lui avait été attribué par le ministère de l’Intérieur en tant que bénéficiaire du Mécanisme de protection. Il a été inculpé par le gouvernement de l’État de Guerrero et transféré dans la prison de haute sécurité Almoloya de l’État de Mexico. Il a été présenté devant la justice plus de 20 heures après son arrestation. Depuis son interpellation, ses droits fondamentaux ont été bafoués par l’Etat mexicain. De plus, il subit actuellement une large campagne politique et médiatique de criminalisation.

Officiellement, Jesús Plácido Galindo est accusé d’avoir commis un homicide en 2021. Mais cette accusation n’est pas crédible : « depuis 2021, Jesús Plácido a eu des entretiens au parquet, au ministère de l’Intérieur, avec différentes autorités, et rien n’a jamais été mentionné concernant cette affaire ». Il s’agit d’une autentique fabrique de coupable pour taire l’une des voix de la résistance indigène dans l’Etat du Guerrero aux mains du crime organisé. Officieusement, il est condamné pour sa digne lutte et ses accusations publiques des activités criminelles du Cartel de Los Ardillos (CDLA) permises par la classe politique mexicaine. Jesús Plácido Galindo n’a pas cessé de démonter que le CDLA dispose d’un territoire, de zones qu’il contrôle par la terreur et où il déploie ses activités criminelles en tout impunité grâce à la complicité des trois niveaux de gouvernement du Mexique. Comme le déclarent aussi le Congrès National Indigène et la Mission d’observation de la Sexta, le CDLA « est un groupe qui commet des actes criminels et paramilitaires, financé par les gouvernements et protégé par les institutions de l’État pour mener à bien ses activités criminelles. Parallèlement, ce groupe criminel comprend également une branche politique et financière composée de maires et d’hommes politiques issus de différents partis. De leur côté, les policiers judiciaires, municipaux et régionaux font partie du réseau de protection de ce groupe criminel ».

Nous rappelons à l’Etat mexicain qu’il n’agit pas à l’ombre des regards et que nous ne sommes pas dupes.

Ses tentatives pour dissimuler son implication directe dans les récentes attaques perpétrées par le Cartel de Los Ardillos contre les communautés Alcozacán, Tula, Xicotlán, Acahuehuetán de la Montaña Baja du Guerrero, organisées au sein du CIPOG-EZ, sont vaines. En raison de son inaction pour protéger les territoires et les communautés affectées par le CDLA d’une part, et des relations politiques avérées du chef des « Ardillos » Bernardo Ortega (membre du Parti de la Révolution Démocratique - PRD - et ancien maire de Quechultenango, de 2002 à 2005, qui est l’actuel bastion du groupe criminel) d’autre part, l’Etat mexicain partage avec le CDLA la responsabilité des 2200 personnes qui ont été contraintes de se déplacer entre le 6 et le 12 mai 2026, ainsi que celle des 84 personnes qui ont été assassinées par cette organisation criminelle au cours des dernières années.

Nous nous joignons au CNI lorsqu’il rappelle à l’Etat mexicain « que la protection des défenseurs des droits de l’homme constitue une obligation découlant de la Constitution politique des États-Unis mexicains, de la Convention américaine relative aux droits de l’homme, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, de la Convention n° 169 de l’OIT relative aux peuples indigènes et tribaux, ainsi que de la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l’homme ».

Nous exigeons que l’État mexicain libère immédiatement et sans condition le défenseur des droits de l’homme Jesús Plácido Galindo, et respecte ses obligations constitutionnelles et internationales. Nous tiendrons pour responsables Claudia Sheinbaum, Omar García Harfuch et Evelyn Salgado Pineda de toute situation qui porterait atteinte à l’intégrité physique et psychologique de notre compañero Jesús Plácido Galindo. Nous condamnons fermement l’irresponsabilité des trois niveaux de gouvernement mexicain, en particulier celle de l’administration Sheinbaum, face aux attaques récurrentes et graves qui affectent les communautés originaires et les organisations de résistance au Mexique. Nous le disons clairement, l’Etat mexicain et le crime organisé mènent une guerre contre les peuples. Nous ne les laisserons pas continuer d’agir en silence !

LIBERTÉ POUR JESUS PLÁCIDO GALINDO !
LIBERTÉ POUR LES PRISONNIERS POLITIQUES !
HALTE À LA CRIMINALISATION DE CEUX QUI DÉFENDENT LA VIE ET LE TERRITOIRE !
HALTE À LA GUERRE CONTRE LES PEUPLES ORIGINAIRES !
VIVE L’EZLN !
VIVE LE CONGRÈS NATIONAL INDIGÈNE !
VIVE LE CIPOG-EZ !

Depuis Paris, France, Slumil K’ajxemk’op,
Le 23 juillet 2026.


Voir en ligne : communiqué Européen sur le site du CNI