Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

Derniers articles

Ni le Centre ni la Périphérie

V. Sentir le noir. Le calendrier et la géographie de la peur

sous-commandant insurgé Marcos
vendredi 9 mai 2008

« Quand il semble qu’il ne reste plus rien, il nous reste les principes. »
Don Durito de la Lacandona

Le Vieil Antonio disait que la liberté avait aussi quelque chose à voir avec l’ouïe, avec la parole et avec le regard. Qu’elle consistait à ne pas avoir peur du regard et de la parole de l’autre, de qui est différent de nous, mais aussi à ne pas avoir peur d’être regardé et écouté par les autres. Il disait que l’on pouvait sentir l’odeur de la peur et que selon que l’on était en bas ou en haut cette peur dégageait une odeur différente. Il ajoutait aussi que la liberté ne résidait pas en un lieu précis mais qu’il fallait la créer, la construire dans le collectif. Mais il insistait surtout pour dire qu’elle ne pouvait pas se construire sur la peur de l’autre, qui est comme nous tout en étant différent. (...)


Ni le Centre ni la Périphérie

IV. Goûter le café. Le calendrier et la géographie de la terre

sous-commandant insurgé Marcos
mardi 6 mai 2008

« Les indigènes considèrent la terre comme leur mère,
les capitalistes la voient avec les yeux de quelqu’un qui n’a pas de mère ! »

Don Durito de la Lacandona

Quelques anecdotes bien peu scientifiques

Hier, Daniel Viglietti qui, comme tout le monde le sait, voyage avec un passeport uruguayen et une guitare subversive, est arrivé avec son groupe, tandis que le soleil marquait le mitan du jour. Et la musique et les mots ont résonné. D’ici, nous saluons avec lui Mario Benedetti, un autre à qui je dois d’avoir vu frustrer ma carrière de musicien aux rythmes déconcertants. Daniel Viglietti nous a appris qu’Eduardo Galeano, le ramasseur des pluies de la mémoire d’en bas, avait été malade, mais qu’il allait mieux maintenant. Nous envoyons donc nos meilleurs vœux de rétablissement à Don Eduardo et l’assurance qu’en cas de rechute nous serions enchantés de le soigner dans la clinique d’Oventik, qui n’est pas très riche en médicaments mais très bien pourvue en gaîté à la peau sombre zapatiste. Ça ne soigne pas mais ça soulage. (...)


Ni le Centre ni la Périphérie

III. Toucher le vert. Le calendrier et la géographie de la destruction

sous-commandant insurgé Marcos
samedi 3 mai 2008

« Il ne suffit pas d’enterrer le capitalisme, il faut l’enfouir la tête en bas.
Comme ça, s’il cherche à sortir, il va s’enterrer plus profond ! »

Don Durito de la Lacandona

On a dit et répété par ici que la puissance nord-américaine s’était définitivement écroulée. On a même été jusqu’à chanter victoire devant la défaite du capitalisme comme système mondial. On a émis les avis mortuaires et inscrit sur la liste d’attente pour être jetés aux poubelles de l’histoire le socialisme, l’économie politique, le régime politique mexicain et la puissance militaire de l’oppresseur de service, qu’il soit mondial, national ou local.

On nous a conviés à cesser de nous préoccuper de ce qui nous exploite, nous dépossède, nous réprime, nous méprise.

On nous a exhortés à débattre et à décider dès maintenant de ce qui devait succéder à ce cauchemar prétendument révolu. (...)


Ni le Centre ni la Périphérie

II. Écouter le jaune. Le calendrier et la géographie de la différence

sous-commandant insurgé Marcos
mercredi 30 avril 2008

« Le risque pour ceux et celles qui sont différent(e)s, c’est de se mettre à se ressembler beaucoup. »
Don Durito de la Lacandona.

La lutte des femmes. Du centre vers la périphérie ?

Auparavant nous avons abordé le fait qu’il existait dans la pensée d’en haut un abîme entre théorie et réalité, ainsi que de la boulimie théorique qui l’accompagne et constitue une mode au sein d’une grande partie de l’intelligentsia progressiste. Nous aimerions maintenant nous pencher sur ce point précis de la géographie prétendument scientifique qu’est le centre et dans lequel la pierre conceptuelle, autrement dit la mode intellectuelle, tombe et produit les ondes qui vont affecter la périphérie. (...)


Ni le Centre ni la Périphérie

I. En haut, penser le blanc. La géographie et le calendrier de la théorie

sous-commandant insurgé Marcos
dimanche 27 avril 2008

« Le problème, avec la réalité, c’est qu’elle n’entend rien à la théorie. »
Don Durito de la Lacandona

Elías Contreras, un « commission d’enquête » de l’EZLN, disait que la lutte, la nôtre en tout cas, pouvait se comprendre comme une lutte de géographies et de calendriers. J’ignore si ce compañero, un camarade quelconque parmi ces morts que nous sommes, avait osé imaginer qu’un jour ses théories (« ses pensées », disait-il) se trouveraient exposées aux côtés de lumières intellectuelles de l’envergure de celles qui sont réunies aujourd’hui ici au Chiapas, dans cet État du Sud-Est mexicain. J’ignore également s’il verrait d’un bon œil que moi, un sous-commandant quelconque, je reprenne certaines de ces pensées pour les exposer en public.

Quoi qu’il en soit, étant donné notre faible « cote » médiatique et théorique, je pense pouvoir me permettre de tenter d’exposer les bases rudimentaires de cette théorie, théorie si « autre » qu’elle en est pratique. (...)


Movement for Justice en el Barrio

Projection-débat : zapatisme urbain à New York

Dimanche 4 mai à 18 heures au CICP & lundi 5 mai à 18 h 30 à Aulnay-sous-Bois
jeudi 24 avril 2008

PROJECTION-DÉBAT : ZAPATISME URBAIN À NEW YORK !

dimanche 4 mai à 18 heures
au Centre international de culture populaire
21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris

métro Rue-des-Boulets ou Nation

lundi 5 mai à 18 h 30 au Bar de Saddaka
Cité de l’Europe
93600 Aulnay-sous-Bois

accès par le RER B

Movement for Justice en el Barrio est une association de migrants mexicains de New York. Ils sont adhérents de l’Autre Campagne, le vaste mouvement initié par les zapatistes en 2006 pour créer des liens et des solidarités entre tous ceux qui luttent en « bas, à gauche » au Mexique et partout dans le monde. Habitants d’un quartier de Harlem, leurs maisons ont été rachetées par une multinationale de Londres et ils sont depuis menacés d’expulsion dans le cadre d’un vaste programme de rénovation et de spéculation immobilière (...)


Communiqué du Conseil autonome régional de la zone côtière du Chiapas

lundi 21 avril 2008

Nous appelons tous les adhérents et toutes les adhérentes à l’Autre Campagne, les membres des organisations sociales, la Commission Sexta de l’EZLN, les observateurs des droits humains, au Chiapas et dans tout le Mexique, à suivre de près l’évolution des événements et à nous apporter leur soutien en tant que compañeros et compañeras. Et nous les appelons à se prononcer contre cette attaque du gouvernement et de la CFE, qui doit être comprise comme un acte de répression et de harcèlement que nous ne tolèrerons pas.

Recevez notre salut fraternel, frères et sœurs, et soyez attentifs à ce qui peut se passer sur la zone de la côte du Chiapas. Nous vous tiendrons informés au fur et à mesure du déroulement des événements.


Forum pour la défense des droits des peuples de l’Oaxaca

Déclaration Oaxaca libre

lundi 21 avril 2008

Nous, communautés, organisations, collectifs et groupes rassemblés dans la ville d’Oaxaca au sein du Forum pour la défense des droits des peuples de l’Oaxaca, venus de l’ensemble des régions de notre État, avec la présence solidaire d’observateurs mexicains et d’autres pays,

Déclarons :

L’État d’Oaxaca est gouverné par une mafia qui détourne les biens publics à son profit, qui encourage la privatisation des terres, de l’eau, des ressources forestières et minières, et qui emploie ouvertement la violence et la répression pour freiner la juste lutte de nos peuples (...)


Ciudad Juárez ou le règne de l’impunité

dimanche 20 avril 2008

À Ciudad Juárez, ville-frontière de l’État du Chihuahua, au Mexique, l’impunité ambiante laisse la place aux pires scénarios. On aimerait pouvoir dire que les autorités, après le scandale du féminicide dans les années 1990, ont agi pour que les droits les plus élémentaires soient respectés et que les citadins y vivent en paix. Malheureusement, il n’en est rien, et actuellement la ville connaît une vague d’assassinats sans précédent liée à une « guerre des cartels » qui inclut les policiers municipaux et ceux de l’État du Chihuahua. Juárez est de nouveau sous le feu médiatique depuis que l’armée, envoyée par le gouvernement fédéral, a investi la ville pour « remettre de l’ordre » dans ce nid de couleuvres.

Cependant, on ne parle pas, hors de quelques cercles de défenseurs de droits de l’homme et autres militants professionnels, de Lomas del Poleo. On s’étonne qu’un cas si évident de violation des droits les plus élémentaires ne fasse pas plus parler de lui. Il faut dire que dans la ville des maquiladoras, la toute puissance des grands entrepreneurs locaux ne rencontre aucun frein, et la soumission quotidienne des autorités se fait au vu et au su d’une population habituée et souvent résignée aux « arrangements » des puissants. (...)


Création théâtrale, projection, information et discussion autour des communautés autonomes du Chiapas

À Taniperla, il y a dix ans, naissait la Commune autonome Ricardo Flores Magón

Jeudi 10 avril à 18 h 30 au CICP - 21 ter, rue Voltaire - 75011 Paris - M° Rue-des-Boulets
samedi 29 mars 2008

Soirée d’information et de discussion autour des communautés autonomes zapatistes et de la guerre silencieuse au Chiapas

Il y a dix ans alors que les zapatistes célébraient à Taniperla la naissance de la Commune autonome Ricardo Flores Magón, la police et des priistes emmenés par Pedro Chulin démantèlent la communauté, arrêtent de nombreux compañeros ainsi que des observateurs étrangers et détruisent la grande fresque, œuvre collective du village. Quelque temps plus tard, ce même Pedro Chulin va fonder le groupe paramilitaire nommé Organisation pour la défense des droits indigènes et paysans (Opddic). (...)

Nous vous invitons, après le spectacle d’Ivan Fox - dont ce sera la première représentation à Paris - et la projection du film de Dominique Berger, à une discussion sur la situation des communautés autonomes zapatistes et sur la nécessaire solidarité à mettre en pratique.

19 heures : Le Songe de Taniperla, création théâtrale de et avec Ivan Fox

20 h 30 : Le Mur de Taniperla, film de Dominique Berger

21 h 30 : information et discussion