Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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NOUS N’OUBLIERONS PAS !

dimanche 1er novembre 2015

Déclaration envoyée à la Sexta [1] qui commémore, ce même jour, dans le contexte de la fête des morts et du « Mictlan rebelde » au palais des Beaux Arts, à Mexico, ses morts et les victimes de la violence d’Etat, comme nous le faisons aujourd’hui ici à Paris.

Suite à la disparition de 43 étudiants de l’Ecole normale rurale d’Ayotzinapa, le 26 septembre 2014, dans le Guerrero, au Mexique, les premières mobilisations de solidarité avaient eu lieu dans le contexte de manifestations contre les violences policières, après la mort de Rémi Fraisse. D’où l’idée de ne pas dissocier les luttes, et l’engagement pris de diffuser auprès des compas au Mexique les mobilisations en France contre les violences policières, tout comme en France de relayer Ayotzinapa et les paroles et les luttes des compas...

NOUS N’OUBLIERONS PAS !

A l’Armée Zapatiste de Libération Nationale, au Congrès National Indigène

A la Sexta au Mexique et dans le monde

Aux familles, aux proches et à toutes celles et ceux qui luttent contre les crimes de l’État, en France, au Mexique et dans le monde

Il y a un an, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, en France, des forces de gendarmerie tuaient un jeune manifestant d’une déflagration de grenade explosive. Ce jeune, Rémi Fraisse, protestait, comme des milliers d’autres personnes réunies ce week-end là dans l’ancienne forêt de Sivens (sud-ouest de la France), contre la construction d’un barrage qui inonderait 12 hectares de forêt et ferait disparaître une zone humide de grande importance écologique, au profit des représentants locaux de l’agriculture capitaliste.

Tout comme les compas de Notre-Dame des Landes (ouest de la France), en lutte contre un projet d’aéroport, la lutte écologiste de Sivens avait elle aussi commencé à occuper les terres menacées et à y édifier des cabanes et des barricades afin d’empêcher le début des travaux. Mais là, les forces de gendarmerie ont agi avec une violence extrême, en ayant pour objectif d’empêcher le développement sur place d’une nouvelle “Zone à défendre”, aboutissant à la tragique répression de la nuit du 25 octobre. Depuis lors, l’investigation menée par l’État en a conclu que la gendarmerie avait agi dans la légalité la plus parfaite, lui concédant par là même un véritable “permis de tuer”.

L’assassinat par la police française de Rémi Fraisse n’est pas un événement exceptionnel. Chaque année, des jeunes et de moins jeunes sont eux aussi assassinés par la police dans les quartiers populaires de France. Parfois, le “ya basta” et la rage donnent lieu à des émeutes contre la police, comme cela s’est produit il y a 10 ans dans de nombreux quartiers de France, durant le mois de novembre 2005, suite à la mort des jeunes Zied Benna et Bouna Traoré, injustement poursuivis par la police. D’autres fois, règnent le fatalisme et l’indifférence. Mais, dans tous les cas, les assassins en uniformes des forces policières françaises jouissent de l’impunité totale.

« Le message implicite que délivre le crime policier est simple. "Non seulement vous n’êtes pas des êtres humains comme les autres, mais avec vous nous pouvons aller jusqu’à la mise à mort et les meurtriers seront assurés de l’impunité. À ce jour, rarissimes sont les procès ayant abouti favorablement. Le crime policier n’est jamais un homicide involontaire, il n’est jamais gratuit, il est là pour répandre la consternation, la désolation dans les cœurs et les esprits des familles endeuillées, pour nous faire renoncer à être traités comme des êtres humains. Il n’épargnera personne, il est là pour nous terroriser », écrivait Amal Bentounsi, dont le frère a été assassiné par la police, dans un appel à la réalisation d’une marche de la dignité à Paris, ce 31 octobre 2015.

Nous savons bien que cette analyse est encore bien plus valide au Mexique où des dizaines de milliers de personnes ont été assassinées par les forces de police et les forces militaires, durant les dix dernières années, et où les stratégies de terreur déployées par l’État contre la population atteignent des niveaux inimaginables. Mais il ne s’agit pas de comparer. Il s’agit de résister.

C’est la raison pour laquelle nous ne cesserons jamais de dénoncer et de cheminer aux côtés de nos compas en lutte au Mexique, et de toujours apprendre de leur résistance. La raison également pour laquelle nous souhaitons partager avec vous tous de la Sexta cette douleur et cette rage que nous ressentons et que nous écoutons dans nos entourages, dans la France et dans le Paris d’en bas à gauche.

Parce qu’en suivant les chemins tracés par la Sexta, nous faisons nôtres toutes les morts d’en bas à gauche, et nôtres tous les enseignements apportés par leurs dignes chemin de vie.

Pour Rémi Fraisse, pour Zied Benna, pour Bouna Traoré, et pour tant d’autres...

Que meure la mort, et que vive la vie !

Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte (CSPCL, Paris), Collectif Paris-Ayotzinapa, Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques (CSIA – Nitassinan), Confédération Nationale du Travail (CNT), Fédération SUD Éducation, Terre et Liberté pour Arauco, Union syndicale Solidaires, Alternative libertaire, Espoir Chiapas, Mut Vitz 13 (Marseille), Collectif « À toutes les victimes », Collectif "Urgence notre police assassine".

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LETTRE EN ESPAGNOL

¡ NO OLVIDAREMOS !

Al Ejército Zapatista de Liberación Nacional, al Congreso Nacional Indígena

A la Sexta, en México y en el mundo

A las familias, l@s cercan@s y l@s que luchan en contra de los crímenes del Estado, en Francia, en México y en el mundo

Hace un año, en la noche del 25 al 26 de octubre de 2014, en Francia, fuerzas de la gendarmería mataban a un joven manifestante de una deflagración de granada explosiva. Este joven, Remi Fraisse, protestaba, como miles de otras personas reunidas aquel fin de semana en el antiguo bosque de Sivens (suroeste de Francia), en contra de la construcción de una presa que iba a inundar 12 hectáreas de bosque y desaparecer una zona húmeda de gran importancia ecológica, en beneficio de los representantes locales de la agricultura capitalista.

Tal como lo hicieron los compañer@s de Notre-Dame des Landes (oeste de Francia), que luchan en contra de un proyecto de aeropuerto, la lucha ecologista de Sivens había empezado también a ocupar las tierras y a edificar cabañas y barricadas a fin de impedir la realización de las obras. Pero las fuerzas de gendarmería actuaron ahí con una violencia extrema, con el objetivo de impedir ahí el desarrollo de una nueva “zona a defender”, lo que culminó con la trágica represión de la noche del 25 de octubre. Desde entonces, la investigación del Estado concluyó que la gendarmería operó en perfecta legalidad, otorgándole así un verdadero "permiso de matar".

El asesinato de Rémi Fraisse por parte de la policía francesa no es un hecho excepcional. Cada año, jóvenes y no tan jóvenes son también asesinados por la policía, en los barrios populares de Francia. A veces, el ya basta y la rabia dan lugar a motines en contra de la policía, como pasó hace 10 años en muchos barrios de Francia durante el mes de noviembre de 2005, después de la muerte de los jóvenes Zied Benna y Bouna Traoré, perseguidos injustamente por la policía. Otras veces, reina el fatalismo y la indiferencia. Pero en todos los casos, los asesinos uniformados de las fuerzas policiacas francesas gozan de impunidad.

“El mensaje implícito emitido por el crimen policiaco es simple. “No solo ustedes no son seres humanos como los otros, pero con ustedes podemos ir hasta matar, y los asesinos tendrán siempre impunidad”. Hoy en día, son rarísimos los juicios que tuvieron una conclusión favorable. El crimen policiaco no es jamás un homicidio involuntario. No es jamás gratuito. Su objetivo es difundir la consternación y la desolación en los corazones y en los espíritus de las familias afligidas, para que renunciemos a ser tratados como seres humanos. De él nadie se salva. Su objetivo es atemorizarnos”, escribió Amal Bentounsi, cuyo hermano fue asesinado por la policía, en una convocatoria para la realización de una marcha de la dignidad en Paris, este 31 de octubre de 2015."

Sabemos bien que este análisis es aún más valido en México, donde decenas de miles de personas fueron asesinadas por las fuerzas policiacas y militares durante los diez últimos años, y donde las estrategias de terror desplegadas por el Estado en contra de la población alcanzan niveles inimaginables. Pero no se trata de comparar, sino de resistir.

Por eso, no dejaremos jamás de denunciar y de caminar al lado de nuestras compañeras y de nuestros compañeros de lucha en México, aprendiendo siempre de su resistencia. Por eso también, queremos compartir con todos ustedes de la Sexta, este dolor y esa rabia que sentimos y que escuchamos en nuestro entorno, en la Francia y en el París de abajo a la izquierda.

Porque siguiendo el camino esbozado por la Sexta, hacemos nuestr@s todos l@s muert@s de abajo a la izquierda, y nuestras todas las enseñanzas de sus dignos caminos de vida.

Para Rémi Fraisse, para Zied Benna, para Bouna Traoré, y para tantas otras y tantos otros.

¡Que muera la muerte, y que viva la vida !

firmas : Comité de Solidaridad con los Pueblos de Chiapas en Lucha (CSPCL, Paris), Tierra y libertad para Arauco (Paris), Collectivo Paris Ayotzinapa, Comité de Solidaridad con los Indigenas de las Americas - Nitassinan ( CSIA - Nitassinan, Francia), Confederación Nacional del Trabajo (CNT, Francia), Fédéración SUD Educación (Francia), Unión sindical “Solidaires” (Francia), Alternativa libertaria (Francia), Espoir Chiapas / Esperanza Chiapas (Francia - Mexico), colectivo MutVitz13 (Marsella, Francia), colectivo "A toutes les victimes" ("A todas las victimas", Francia), colectivo "Urgence notre police assassine" ("Emergencia nuestra policía asesina", Francia)

Notes

[1] Sexta nationale et internationale, initiative lancée en 2005 par les zapatistes, pour créer un réseau planétaire de luttes depuis, par et pour "en bas a gauche". voir : Sixième déclaration de la forêt Lacandone, Eux et nous : les regards et Eux et nous : la Sexta

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