Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
Accueil du site > Résistances > Communiqué du Conseil autonome régional de la zone côtière du Chiapas

Communiqué du Conseil autonome régional de la zone côtière du Chiapas

lundi 21 avril 2008

Aux moyens de communication alternatifs,
À la Commission Sexta de l’EZLN,
À la Commission intergalactique de l’EZLN,
Aux adhérents à l’Autre Campagne,
Aux ONG et aux organisations sociales du Chiapas et du Mexique,
Aux défenseurs des droits humains fondamentaux,

Compañeros et compañeras,

Le Conseil autonome régional de la zone côtière du Chiapas, face au harcèlement dont il est victime et devant le vol commis par la CFE (la Compagnie fédérale d’électricité), par le gouvernement chiapanèque et par le gouvernement fédéral, tient à dénoncer les faits suivants :

Premièrement. Le 12 avril 2008, vers 8 heures du soir, des inconnus se sont introduits, en passant par le chemin de terrassement qui y mène, dans la communauté Del Fortín, où ils ont dérobé 750 mètres de câble en cuivre de ligne à haute tension et renversé un poteau électrique. Cette communauté s’est organisé en résistance civile et est rattachée au Conseil autonome régional.

Deuxièmement. Deux jours après que le vol de 750 mètres de câble a été commis, des membres du personnel de la CFE se sont introduits eux aussi, comme de vulgaires voleurs, dans cette communauté située à environ 25 kilomètres de la route panaméricaine, qui est asphaltée, pour dérober 350 mètres de câble cette fois, ce qui fait 1 000 mètres de câble au total. Ces faits se sont produits le mercredi 16 avril, à nouveau vers 20 heures, et toute la communauté a été privée d’électricité.

Troisièmement. De tels actes portent atteinte non seulement à l’intégrité du Conseil autonome régional mais aussi à plusieurs communautés, notamment El Fortín, Agua tendida, La Isla, La Conquista, La Barrita. À ce jour, le câble n’a pas été rendu et rien n’a été fait pour rétablir le service d’électricité. Nous rendons directement responsable des conséquences que cela pourrait entraîner les trois niveaux de gouvernement ainsi que le sous-secrétaire du Chiapas pour la zone côtière, qui permettent de tels abus et les vols à l’encontre des communautés organisées.

Quatrièmement. Nous exigeons que le gouvernement fédéral de Felipe Calderón, le gouvernement chiapanèque de Juan Sabines, les municipalités de Pijijipan et de Tonalá n’interférent plus et cessent de porter atteinte à l’intégrité morale et politique ainsi qu’à l’organisation du Conseil autonome régional de la zone côtière et qu’ils respectent notre autonomie. Qu’ils sachent que ce qu’a fait la CFE ne va pas nous stopper dans la construction de notre autonomie communautaire et que nous nous en sortirons. Qu’ils sachent aussi que s’ils recommencent à s’en prendre à nous, il faudra qu’ils aillent chercher refuge dans un autre État ou à l’étranger car s’ils continuent d’emmerder les communautés organisées ils vont être chassés à coups de pied au fesses de leurs fauteuils où ils paressent à longueur de journée. Ils feraient donc bien d’y repenser à deux fois avant de s’en prendre à nous.

Cinquièmement. Le 17 avril, nous allons bloquer la route pour une durée indéterminée, afin que les politiciens et le gouvernement, qu’il soit fédéral ou chiapanèque ou qu’il s’agisse des municipalités officielles, sachent que nous ne sommes pas leurs pantins et que nous continuerons d’agir avec nos passe-montagnes pour qu’ils ne voient pas notre visage, chose qu’ils ont plusieurs fois tenté de faire. Le barrage sera mis en place à partir de 11 heures du matin sur la route panaméricaine de la côte du Chiapas, où se rassembleront toutes les communautés membres de notre Conseil.

Sixièmement. Nous appelons tous les adhérents et toutes les adhérentes à l’Autre Campagne, les membres des organisations sociales, la Commission Sexta de l’EZLN, les observateurs des droits humains, au Chiapas et dans tout le Mexique, à suivre de près l’évolution des événements et à nous apporter leur soutien en tant que compañeros et compañeras. Et nous les appelons à se prononcer contre cette attaque du gouvernement et de la CFE, qui doit être comprise comme un acte de répression et de harcèlement que nous ne tolèrerons pas.

Septièmement. Recevez notre salut fraternel, frères et sœurs, et soyez attentifs à ce qui peut se passer sur la zone de la côte du Chiapas. Nous vous tiendrons informés au fur et à mesure du déroulement des événements.

De la côte du Chiapas.
Tonalá, État du Chiapas, le 17 avril 2008.

Conseil autonome régional de la zone côtière du Chiapas

Joaquín Amaro, Isla San Marcos, El Fortín, El Carmen, San Isidro, La Conquista, Agua Tendida, Tonalá, Los Pinos, La Barrita.

Traduit par Ángel Caído.
SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0