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Ceux et celles d’en bas

Irrégularité du système de justice aux États-Unis

Gloria Muñoz Ramirez

jeudi 26 janvier 2012

Gloria Muñoz Ramirez

Mumia Abu-Jamal, l’un des prisonniers politiques étasuniens les plus connus au monde, a quitté le couloir de la mort de Pennsylvanie après plus de 30 ans à passer chacun de ses jours condamné à une exécution qui était le fruit d’un processus juridique bourré d’irrégularités.

De nombreux collectifs dans le monde luttent pour la libération de Mumia, journaliste et activiste afro-américain, ex-membre des Black panthers [Panthères noires]. Son combat en faveur des droits des minorités en a fait non seulement un symbole contre la peine de mort, mais aussi une référence pour la lutte sur le plan international. Son affaire est un concentré de toutes les irrégularités du système judiciaire des États-Unis, mais le 7 décembre dernier, un triomphe a été obtenu : le Parquet de Philadelphie a annoncé sa décision de ne pas continuer à demander la peine capitale pour Abu-Jamal.

Le 9 décembre 1981, Mumia a été accusé de l’assassinat à Philadelphie du policier Daniel Faulkner. Il s’en est suivi un procès bourré de violations de la Constitution et de violations des droits civils, avec, en plus, dissimulation de preuves à décharge de la part de policiers, de procureurs et du juge lui-même. Actuellement, selon l’association « les Amis de Mumia Mexique », lors de son transfert au pénitencier de moyenne sécurité de Mahanoy, les autorités de la prison ont trouvé un nouveau prétexte pour le maintenir dans l’Unité de cellules restrictives (RHU) : ses dreadlocks. Les autorités de sa nouvelle prison affirment qu’Abu-Jamal restera au trou tant qu’il ne coupera pas ses cheveux qui, évidemment, maintenant, lui arrivent aux pieds, et sont le symbole de sa résistance constante et une affirmation de vie et de rébellion contre un système mortifère.

Furieux de n’avoir pas pu assassiner Mumia par la voie légale, les autorités cherchent tous les prétextes pour l’enterrer vivant et éteindre sa lutte. Pendant de nombreuses années, Mumia a continué à lutter à travers ses écrits. Mais les nouvelles conditions d’incarcération affectent directement sa possibilité de recevoir des informations et de diffuser sa parole. Il n’a pas accès aux bulletins d’information, pas plus qu’à son matériel légal ni à sa machine à écrire.... Il y a de puissantes lumières allumées dans sa cellule 24 heures sur 24. Il ne sort pas de sa cellule sans les fers aux pieds, même pour aller aux douches ou pour recevoir de la visite. Peu de visites et très courtes, sans contact physique, dans un parloir en verre. Il est soumis à des fouilles humiliantes aussi bien avant qu’après les visites. Les autorités tardent beaucoup à lui remettre ses lettres quand elles les lui remettent. On ne lui permet qu’un bref coup de fil à son épouse. Il n’a pas accès à des aliments adéquats, ni la possibilité de cantiner. Et Mumia, bien sûr, refuse de couper ses dreadlocks.

La lutte pour sa libération n’est pas terminée.

losylasdeabajo@yahoo.com.mx - http://desinformemonos.org

http://www.jornada.unam.mx/2012/01/...

Traduction : Chelmi

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